Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
12 avril 2009 7 12 /04 /avril /2009 16:09

La bonne nouvelle littéraire de ce mois d'avril, c'est sans le moindre doute la sortie en version poche de "1792", le premier tome de la formidable trilogie de Pierre Bordage, "L'enjomineur".


Publiée initialement aux éditions de l'Atalante, "L'enjomineur" est un roman fleuve, divisé en trois tomes (1792, 1793 et 1794) prenant place durant la période de la Terreur Révolutionnaire, en France. L'histoire est celle de deux hommes natifs du pays vendéen. L'un, Emile, est naïf, jeune, pétri d'idéalisme et de foi dans les idéaux révolutionnaires. L'autre, Cornuaud, est un brigand de basse extraction, veule et brutal, de retour au pays après avoir servi comme matelot sur un navire négrier.

Tous deux vont être confrontés au surnaturel et projetés malgré eux dans la tourmente révolutionnaire. A Emile, échoit l'héritage d'une dague sacrée et une mission : tuer l'esprit du mal qui sévit au coeur de Paris. A Cornuaud, revient le fardeau d'une cruelle malédiction. Envoûté, "enjominé" par une sorcière africaine, il devient bien malgré lui l'instrument de sa sanglante vengeance contre les blancs, qui ont asservi son peuple et l'ont arraché à sa terre natale.


Je n'en dirai pas plus de peur de déflorer l'intrigue, ô combien riche en rebondissements et en personnages passionnants. En revanche, je peux vous assurer que Pierre Bordage déploie tous ses talents de conteur pour mettre en scène avec maestria cette époque ô combien sombre de notre histoire. La petite histoire se mèle à la grande, les événements fictifs se confondent avec ceux, bien réels, qui ensanglantèrent le pays et l'on finit par regretter que l'auteur ne nous ait pas laissé ses sources, en fin d'ouvrage.

Impossible en tout cas de nier l'importance du travail de recherche auquel il s'est adonné. Le résultat est là. sous nos yeux abasourdis : la France de la Révolution revient à la vie. Elle prend forme, avec ses grands personnages et sa foule d'anonymes, ses bonnes âmes et ses vils coquins. Charité et égoïsme, courage et lâcheté, bonté de coeur et ignominie,  se confrontent tout au long d'un récit trépidant et protéiforme.

Car Bordage touche à tous les genres : Histoire, aventure, roman-feuilleton, épouvante/horreur, chroniques paysannes, fantasy... qu'il manipule avec brio. Surtout, il réussit l'exploit de proposer au lecteur un récit toujours cohérent et d'une rare puissance.


La lecture est passionnante, le suspense haletant. Les rebondissements foisonnent... Bref, c'est un régal pour le lecteur. Et naturellement, une mine d'inspiration pour tout MJ de KHAOS 1795. D'ailleurs, on ne m'enlèvera pas l'idée que les auteurs de ce JDR se sont assurèment inspirés de la saga de "L'enjomineur" lorsqu'ils conçurent leur jeu.

Pour tous les autres, la lecture de la série  reste vivement recommandée : secte satanique ourdissant ses complots machiavéliques dans l'ombre, lutte du Bien contre le Mal, guerre civile, coups de force, émeutes... La saga regorge de scènes impressionnantes, de détails "qui-font-vrai", sans oublier une foule de PNJ qui sauront vous inspirer des scènes inoubliables pour vos joueurs.

Bref, vous l'aurez compris, "L'enjomineur" est un chef-d'oeuvre de la littérature fantastique. A ne manquer sous aucun prétexte !




A tous... Bonne lecture et bons jeux !




Voulez-vous en savoir plus ?


Voici les références du livre, aux éditions de l'Atalante :
- "1792", 414 pages (ISBN : 2841722872) ;
- "1793", 409 pages (ISBN : 2841723186) ;
- "1794", 477 pages (ISBN : 2841723372)

Et en poche :
"1792", 608 pages, collection J'ai Lu Science-Fiction n° 8913, (ISBN : 9782290015230) - prix : 8 €

Egalement :
la critique publiée sur le site du Cafard Cosmique ;
-
la critique de Science-Fiction Magazine ;


Repost 0
22 février 2009 7 22 /02 /février /2009 07:39
S'il y a bien un média qui fournit une source inépuisable et riche d'inspiration pour nos parties de Jeux de Rôle, c'est bien le cinéma !

Tout y est : ambiances sonores, visuelles, musiques (de plus en plus employées en toile de fond de nos propres parties), personnages mémorables, surprenants voire inquiétants, parfois grotesques ou au contraire charismatiques, intrigues à rebondissement, resserrées qui plus est sur une durée limitée.

Car oui, un film, c'est bien souvent une histoire complète (avec un début, un milieu et une fin), racontée le plus souvent en deux heures environ, et non étalée sur plusieurs saisons comme une série télé. Certes, ce concept fut quelque peu écorné par l'évolution des séries télévisées. Par la mode des dyptiques ("Le Che", "Mesrine"). Par celle des trilogies ("Star Wars", "Matrix", "Le Seigneur des Anneaux"). Par les séries à succès ("James Bond", "Indiana Jones"). Mais il reste toujours valable. Et il continue de nous fournir de quoi alimenter notre imagination, nous émouvoir, nous faire rêver, nous intriguer, nous bouleverser, voire nous faire réfléchir 

Sur ce, voici une rapide présentation des films actuellement (ou bientôt) sur nos écrans. Des films qui, vous allez le voir, sont des sources d'inspiration toutes trouvées pour nos prochaines parties.
(note : en cliquant sur le titre du film, vous accéderez à une page du site Allociné, avec présentation et bandes-annonces. Parfait pour vous faire une idée). 


I. A L'AFFICHE, DANS NOS SALLES :


Fans de Qin, Wuxia, Feng Shui et autres Wu-Shu? Deux films vous attendent.
- Tout d'abord, ce mois-ci, "
Les Seigneurs de la Guerre" de Peter Ho-Su Chan. Ce film épique et impressionnant retrace le destin de trois guerriers, trois chefs de guerre (d'où le titre du film), d'abord amis, puis rivaux durant la "révolte des Taïping", l'une des pages les plus sombres de l'histoire chinoise. 



- Ensuite, en mars, toujours dans un registre spectaculaire, ce seront "Les Trois Royaumes", le dernier long-métrage de John Woo qui déploieront leurs fastes sur grand écran.
2h38 de spectacle (au lieu des 5h de la version chinoise. Snif ! ) pour relater la bataille de la Falaise Rouge, en l'an 208 de notre ère.
Un moment crucial dans l'histoire de l'Empire du Milieu... Et un spectacle de choix, à n'en pas douter, avec mister Woo derrière la caméra et de retour en Chine, après un exil américain en demi-teintes, chargé d'amertume.



Fans de Vampire, la mascarade et du Monde des Ténèbres ? Vous avez le choix entre le fade "Twilight" et le beaucoup plus troublant "Morse" ("Let the right one in" en VO) de Tomas Alfredson, primé au festival du film fantastique de Gerardmer. Un film à la beauté glacée et inquiétante, qui relate l'amitié entre un petit garçon maltraité  et une étrange fillette, pas comme les autres (devinez ?)...



Fans de Vampire Dark Ages et d'
univers médiévaux-gothiques, le troisième volet de la saga "Underworld", intitulé "Le soulèvement des Lycans" devrait vous/nous faire passer d'agréables moments, avec ses loup-garous et ses vampires en cotte de mailles, s'affrontant à grands coups d'épées batardes et de haches de guerre ? Pas très intello mais diablement orienté action. Miam ! Vivement le 25 février !




Fans de Brain Soda, des suppléments "Blood Brothers 1 & 2" pour Cthulhu et/ou de Sombre ? Le remake de "Vendredi 13" est depuis peu à l'affiche. Sorte de retour aux sources, débarassé de tout second degré, cette nouvelle incursion à Cristal Lake promet d'être bien sanglante. Derrière la caméra ?
Marcus Nispel, le responsable du remake barbare de "Massacre à la Tronçonneuse" et de l'esthétisant (mais raté) "Pathfinder". Un poète, vous dis-je ! 



Fans de Pendragon et des
légendes celtes, "Brendan et le secret de Kells" nous entraîne dans l'Irlande du IXe siècle, sur les traces d'un jeune moine, passionné par ledit livre, chef d'oeuvre de l'art celtique. Créatures magiques et hordes vikings viendront troubler le calme de l'abbaye fortifiée où il réside. C'est beau, c'est plein de poésie, c'est féérique, et je crois bien qu'on n'a pas vu pareil enchantement à l'écran depuis le "Princesse Mononoke" de Miyazaki. Bref, un film à voir absolument !!!
Petit cadeau, en cliquant sur le lien ci-après, vous pourrez découvrir (merci à www.catsuka.com) un petit film promotionnel, qui vaut plus que tous les discours du monde. Un film magique !



Dans un tout autre registre, nettement moins raffiné, je m'en voudrais de ne pas citer comme inspi-JDR la dernière production de Luc Besson : "Banlieue 13 : ultimatum". Pourquoi ? Parce qu'en tout rôliste sommeille un bourrin (si, si, ne niez pas !) adepte des gros calibres, des épées vorpales +8, de l'optimisation à outrance et de la baston ! Bref, de ce que les anglo-saxons appellent le "munchkinism" (en français, le "gros-billisme").  
Ne niez pas, vous dis-je ! Vous savez que c'est vrai. Et il existe suffisamment de systèmes héroïques (Feng Shui, Wuxia, dK system, D6 system, Savage Worlds, etc.) pour étayer mon propos : que c'est bon de se battre à 1 contre 20 et de savoir qu'on a quand même des chances de s'en sortir, pas vrai ?


II. BIENTÔT SUR NOS ECRANS ?


Ai-je fini mon tour d'horizon ? Loin s'en faut ! D'autres petites pépites se profilent à l'horizon, que ce soit sur nos PC, en DVD ou dans les salles. Pas sûr que ce soient des chef-d'oeuvres impérissables mais l'amateur de bonnes séries B, voire Z (Brain Soda et Meta-Creatures pointent le bout de leur nez) y trouvera assurèment son compte.

- "Punisher War Zone" s'attache ainsi à retranscrire l'atmosphère "hardboiled" et ultra-sombre des scénarios hallucinés de l'irlandais Garth Ennis, dont je suis un grand fan. Les bandes annonces nous promettent un film nerveux, brutal, servi par une bande-son musclée (Slayer, Rob Zombie, que des poètes...) et truffé de punchlines définitives ("parfois, j'aimerais mettre la main sur Dieu").
Plus d'infos sur le site officiel, le superbe
http://www.punisherwarzonemovie.com/

(je vous l'ai dit, je suis fan !)


- Fans de Necropolis 2350 et de Mutant Chronicles, voici justement le film : "Mutant Chronicles", dôté d'un casting 5 étoiles : Thomas Jane, John Malkovich, Ron Perlman, Devon Aoki... Le film risque de sortir directement en DVD sans passer par le grand écran. A découvrir donc.



- Fans de mangas (BESM, Manga Boyz, ) et d'univers torturés, "Evangelion 1.0" paraîtra au cinéma le 4 mars. Un univers post-apocalyptique, des monstres géants (les "anges") ravageant la planète, des robots tout aussi géants, pilotés par des adolescents névrosés (les seuls à même de controler ces machines de guerre surpuissantes). Enfin, des combats titanesques... Evangelion a ses fervents partisans et ses détracteurs, tout aussi catégoriques. Bref, une saga qui ne laisse personne indifférent. Et trois autres films qui devraient suivre. 


Le 4 mars, toujours, sortira sur grand écran l'adaptation de la cultissime BD "
Watchmen" ! 
Fans de super-héros, joueurs et MJ de The Authority RPG et d'Humanydyne, mais aussi vous tous, Geeks des quatre coins de France et de Navarre (et du reste du monde), est-il besoin de vous le rappeler ? "Watchmen" est LA BD culte de super-héros. Celle-là même qui, avec le "Dark Knight" de Frank Miller, mit sens dessus-dessous l'univers, ô combien codifié (pour ne pas dire formaté) des Comic-books américains. 


Je profite de l'occasion pour vous signaler la parution de l'intégrale de la BD, en français, à un prix réduit : 15€ (sous couverture souple), chez Panini. Une offre géniale et à ne pas manquer !
Deux autres versions existent, certes, respectivement à 30 et à 65€. Mais la version à 15€ est largement suffisante et saura vous combler de bonheur. Ne passez pas à côté de ce chef d'oeuvre de la BD mondiale, ni plus ni moins.


- Enfin, les fans de Quentin Tarentino seront ravis d'apprendre que "Inglorious Basterds" ne devrait plus tarder à sortir. Le film semble d'une violence bien supérieure à celle des "Kill Bill" et autres "Grindhouse" et l'on peut donc s'attendre au pire. Serez-vous prêts ?



A tous,

Bons films et bons jeux !



VOULEZ-VOUS EN SAVOIR PLUS ? RETOUR SUR IMAGE :


J'ai eu la chance de voir quelques uns des films précités. Alors, j'en profite pour vous donner mon avis et j'espère bien pouvoir compléter cet article dans les jours/semaines à venir. D'ailleurs, amis, si vous avez vu l'un ou l'autre de ces films et tenez à donner votre avis, n'hésitez pas à utiliser la rubrique "commentaires" pour celà. Ce Blog, c'est aussi le votre !

C'est parti ! 

"Les Seigneurs de la Guerre"
Servi par un casting de choix (Xu Jinglei, Jet Li, Andy Lau et Takeshi Kaneshiro) et par des moyens énormes, le film offre à voir des scènes de guerre dignes de Braveheart (ça charcle !!!). La photo, les costumes et décors, la musique, le jeu des acteurs, tout est bon. Seule la dernière demi-heure peine à trouver une fin satisfaisante. Scénariste et réalisateur piétinent, tournent en rond, n'arrivent pas à conclure. C'est long et un brin saoulant. C'est un peu dommage. Néanmoins, tout ça ne pèse pas lourd comparé au spectacle offert.

 Ma note : 4/5

Repost 0
22 janvier 2009 4 22 /01 /janvier /2009 08:09




Je ne sais pas si vous avez eu l'occasion de vous le procurer (sait-on jamais ?), mais je ne puis m'empêcher de vous recommander l'excellent "Cartographie du Merveilleux - guide de lecture Fantasy", rédigé par André-François Ruaud.
Publié dans la collection Folio SF, en partenariat avec les magasins de jeux vidéos GAME, l'ouvrage était en effet proposé gratuitement aux acquéreurs de deux ouvrages Folio SF, dans le cadre d'une opération promotionnelle lancée en avril dernier (2008).

J'eus la chance d'acquérir récemment un exemplaire, resté dans les cartons de mon libraire, et après en avoir fini la lecture, j'en suis ravi.


I. LES PLUS :


Écrivain et anthologiste passionné, directeur de collection et fondateur de la revue Yellow Submarine (133 numéros déjà parus !), André-François Ruaud se livre à un tour d'horizon érudit et jubilatoire du genre "Fantasy", si cher à nos coeurs de rôlistes.

 

De ses débuts, ancrés dans les contes et légendes des peuples antiques, puis médiévaux, à sa reconnaissance aujourd'hui mondiale (avec des succès "grand public" comme "Harry Potter" ou l'adaptation cinématographique du "Seigneur des Anneaux"), la Fantasy a su évoluer et se tailler une place de choix au sein de la littérature moderne.

Sword & Sorcery, "Big Commercial Fantasy" (BCF en abrégé), "réalisme magique", "steampunk"... Les étiquettes ne manquent pas pour qualifier les multiples facettes d'un seul et même genre, protéiforme.

Faisant volontiers l'impasse sur les ouvrages les plus commerciaux (par exemple, il n'y a pas une seule ligne sur l'infâme "Epée de Vérité" du tâcheron Terry Goodkind. ouf !), André-François Ruaud préfère largement mettre en avant, à côté d'oeuvres incontournables ("Elric le nécromancien", "le cycle des épées") d'autres écrivains, moins connus du grand public, au talent certain et à l'originalité certaine.

Certains célèbres (je veux dire, dans le cercle des amoureux d'imaginaire) : Clive Barker, Neil Gaiman, Megan Lindholm (le vrai nom de Robbin hobb, celui avec lequel elle signa ses livres les plus originaux, les plus personnels), Ursula Le Guin... D'autres, totalement inconnus (et dont il ne tarit pas d'éloges) : Thomas King ("l'herbe verte, l'eau vive"), Garry Kilworth ("les rois navigateurs"), Peter S. Beagle ("Innkeeper's Song"), Llyod Alexander ("les chroniques de Prydain"), Katherine Briggs ("A dictionnary of fairies"), etc.

En tout, plus de 100 propositions de lecture. 100 oeuvres à (re-)découvrir et à savourer. 100 invitations au rêve et au voyage...


II. LES MOINS :


Évidemment, un tel ouvrage, certes didactique, ne saurait être exempt de défauts :
- Avec 100 propositions seulement, l'auteur ne peut prétendre à une quelconque exhaustivité. Il en résulte quelques oublis Ô combien regrettables. Incompréhensibles même. Les plus notables à mes yeux, sont les absences de Gene Wolfe ou encore Lord Dunsany.
- Par ailleurs, le choix de l'auteur, dicté également par la taille du livre (moins de 300 pages), est éminemment subjectif et encombré de partis-pris. Une attitude 100 % partiale et donc contestable (mais c'est aussi, je trouve, ce qui fait son intérêt). Là où le bât blesse, c'est que certains auteurs sont à ce jour inédits en France. Une gêne minime pour le lecteur francophone. Un obstacle insurmontable pour les autres.
- Enfin, s'il est incontestable que la Fantasy (notamment aux XIX-XXe siècles) fut avant tout une spécificité anglo-saxonne, cette dernière a su élargir son audience et a maintenant des représentants aux quatre coins du globe (ou presque). Par conséquent, il est regrettable qu'il n'y ait pas plus d'auteurs issus d'autres horizons. Et à ce propos, la France est bien mal représentée avec seulement "les flammes de la nuit" de Michel Pagel. Rien sur Pierre Bordage, Léa Sihol, Serge Brussolo, etc. Dommage, même si, il est vrai, la fantasy française est plus récente qu'en Angleterre et aux Etats-Unis.


III. CONCLUSION :


N'importe ! Malgré tous ces défauts, "Cartographie du Merveilleux" demeure une excellente lecture. Intrigante. Distrayante. Ludique (on passe du texte général aux présentations d'oeuvre dans un mouvement de va-et-vient, qui m'a personnellement rappelé mes "Livres dont vous êtes le héros" de ma jeunesse).

Il m'aura en tout cas donné bien des pistes de lecture à explorer pour les années à venir, d'autant plus que, cerise sur le gateau, André-François Ruaud cite en toute indépendance les livres de son choix, y compris ceux publiés chez des éditeurs concurrents (J'ai Lu SF, Pocket Fantasy, Bragelonne, les moutons électriques, etc.). Une ouverture d'esprit et une liberté de ton qu'il convient de saluer.


Et vous que lisez-vous ?



Bonus : Voulez-vous en savoir plus ?



1. Visitez le site officiel d'André François Ruaud : captainbooks.free.fr 
et son blog personnel : Neverland.

2. Pour une critique plus sévère de l'ouvrage, rendez-vous sur le blog de Nebal.

3. Enfin, si comme moi, vous avez aimé la couverture du livre (dont j'ai repris l'illustration pour illustrer cet article), je vous invite chaleureusement à aller visiter le site de l'artiste, Daryl Mandryk : www.mandrykart.com.

4. Après vérification, le livre a bien été édité en version payante, avec une autre couverture, pour moins de 7€. Vous pouvez vous le procurer, par exemple sur alapage.com, à cette adresse.

Repost 0
3 janvier 2009 6 03 /01 /janvier /2009 18:09



La nouvelle arrive un peu tard certes, mais c'est là un si beau cadeau à faire à vos proches que je ne peux pas m'empêcher de vous en parler. Delcourt  a récemment publié (courant novembre) une nouvelle intégrale de la BD "Légendes des Contrées Oubliées", le chef-d'oeuvre de Bruno Chevalier et Thierry Segur, au sein de sa collection "Long-Métrage".
Les ouvrages de cette collection sont essentiellement caractérisés par une couverture inédite (et splendide, jugez vous-même), par l'apport d'un cahier supplémentaire, et par un format "roman".


L'histoire  est celle de trois nains, Noren (le plus sage), Aren (le plus naïf), et Oten (le plus malchanceux), ayant reçu pour difficile mission d'aller quérir le successeur au trône de leur royaume. Ce dernier, Raken, s'en est allé pour le Grand Nord, lieu maudit et redouté, pour des raisons mystérieuses.
Dans leur quête hautement périlleuse, les trois compères seront rejoints par Firfin, un Lïn (elfe) sans scrupules et cupide et par Morkaï, un Akeï (barbare humanoïde) aussi redoutable au combat que simple d'esprit.
Mais ce que tous ignorent, c'est que pendant ce temps, dans l'ombre, les Puissances (des êtres quasi-divins) se livrent une guerre sans merci, cruelle et odieuse. Très vite, cette lutte à mort va emporter notre petit groupe bien au-delà de tout ce qu'ils auraient pu imaginer.


Connus des "vieux" rôlistes comme étant les heureux "papas" de Kroc le Bô (figure de proue et mascotte non-officielle du magazine Casus Belli dans les années 80), Bruno Chevalier et Thierry Segur ne  se lancèrent qu'à la fin des années 80 dans la création de cette BD superbe, portée de bout en bout par un souffle épique et par des illustrations de toute beauté.

Car en effet, Légendes des Contrées Oubliées est une réussite tant graphique que narrative.

Côté visuel, les illustrations de Thierry Segur sont superbes, avec des décors somptueux, des paysages immenses, des personnages vivants, bien campés, aux visages expressifs. Le tout rehaussé par un magnifique travail sur les couleurs (toujours de Thierry Segur). Bref, un régal pour les yeux.

Quant au scénario, je défie quiconque lit le premier tome de deviner la fin de cette saga terrible qui n'épargne ni le lecteur, ni les protagonistes, et qui tient en haleine jusqu'à la dernière page.


Au final, ce sont trois tomes qui furent publiés :
- tout d'abord, "la saison des cendres", en 1987 ;
- puis "le pays des songes", en 1989 ;
- enfin, "le sang des rois", en 1992, épilogue funèbre à cette saga pleine de fureur mais aussi empreinte de mélancolie.

Pour la petite histoire, peu de temps après, un obscur scénariste du nom de François Marcela-Froideval leur emboîtait le pas, accompagné d'Olivier Ledroit pour sortir le tout premier tome des "Chroniques de la Lune Noire". Bref, toute une époque ! 


Blague à part, "Légendes des Contrées Oubliées" est une réussite incontestable de la BD de fantasy francophone (genre aujourd'hui phagocyté par les publications des éditions Soleil). C'est même une pièce maîtresse, que je range personnellement à côté de "La Quête de l'Oiseau du Temps" (rien de moins? bah non). C'est surtout un récit palpitant, qui parle de destinée, de vengeance, de devoir et de responsabilités.


Bref, c'est là une BD incontournable pour tout rôliste qui se respecte. L'univers des Contrées Oubliées est si prometteur, si riche en possibilités d'aventures, qu'il donna par la suite naissance à un jeu de rôle, toujours édité par Delcourt et pourvu de quelques suppléments. Hélas épuisé, il est aujourd'hui introuvable.
 
Mais que celà ne vous arrête pas, messires et gentes dames !

Les Contrées Oubliées n'attendent que vous pour être explorées, et avec un peu d'imagination et "d'huile de coude", nul doute que vous saurez adapter cet univers sombre et poétique à votre système de JDR préféré (D20 system, True 20, dK system, Savage Worlds, Basic, FUDGE, ou d'autres encore...)



A tous et à toutes, bonne lecture et bons jeux !



Bonus : pour en savoir plus...

Pour plus d'informations sur la BD, je vous invite à consulter le dossier proposé par la bédéthèque.

Pour plus d'informations sur le Jeu de Rôle :
la page dédiée du SDEN est vivement recommandée.
- La scénariothèque propose elle aussi quelques ressources (en l'occurence, quatre scénarios. Chouette, hein ?). 
- Enfin, je vous recommande la critique très bien faite du webzine Eastenwest, à découvrir ici.

Repost 0
28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 21:27

Découvert grâce à l'inénarrable Darths and Droïds, qui y fait régulièrement référence, tvtropes.org est une mine d'informations que tout MJ, aspirant scénariste ou écrivain, ou tout simplement tout geek/fan/nerd avide d'informations se doit de visiter un jour.

 

 

En effet, que trouve-t-on sur tvtropes.org ? Hmmm ? Eh bien, ni plus ni moins que toutes les ficelles de la narration, tous les clichés possibles et inimaginables des fictions (télé ou autres). Recensés, analysés, disséqués, classés par thème (les intrigues, les personnages, les dialogues, les genres et thèmes possibles, etc.) et argumentés à chaque fois avec une foule d'exemples tirés de films, bandes dessinées, feuilletons, romans, mangas... Bref, tous les médias faisant appel à l'art de la narration.

 

 

 Un "art" qui consiste en fait essentiellement à recycler des idées, concepts et intrigues déjà éprouvés. Parfois vieux comme Herode. En tout cas, telle est l'impression que l'on éprouve en parcourant tvtropes, qui nous révèle la vérité sur des questions "existentielles" aussi diverses que :

 

- A quoi sert l'héroïque sacrifice d'un des personnages ?

 

- Qu'est-ce qu'un montage "à-la-Agence-Tous-Risques" ?

 

- Comment la rédemption du villain entraîne-t-elle (forcément) sa mort ?

 

- Pourquoi le Grand Méchant invite-t-il le héros à dîner, au lieu de le tuer manu militari ?

 

- Qu'est-ce qu'une vérité de Cassandre ?

 

- Comment la moustache à la Fu Manchu du "fidèle" conseiller du Roi trahit-elle, en fait, sa véritable nature, éminemment maléfique ? 

 

 - et-cetera, et-cetera...

 

 

En fait, ce sont ni plus ni moins tous les trucs et astuces des scénaristes de Hollywood et d'ailleurs qui finissent regroupés dans cette incroyable encyclopédie virtuelle, labyrinthique (chaque article propose des liens vers une dizaine ou plus d'autres articles, tant et si bien qu'une simple consultation peut vous entraîner sur des heures de lecture) et hautement exhaustive. Sans le moindre doute, le millier d'articles est largement dépassé et le site est régulièrement mis à jour...

 

 

Bref, pour tout MJ/rôliste/fan de fiction, l'exploration de tvtropes.org s'avère hautement instructive, extrêmement divertissante et riche en enseignements... 

 

 

 

Bon surf à tous et à toutes, bonne visite... Et bons jeux !

Repost 0
6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 11:56

 0. introduction

Attention, le texte qui suit est rempli jusqu'à plus soif de spoilers en tout genre. Pour mémoire, un spoiler, c'est une information qui dévoile des éléments clef d'une intrigue, souvent censés rester secrets (qui a tué le richissime milliardaire ? Qui est le traître qui a vendu le héros à ses pires ennemis ? etc.) gâchant ainsi la surprise pour le spectateur. OK ? Vous êtes prévenus. C'est parti ! 


1. HELL IS WITH HIM... (un projet prometteur) :


Dire que je l'attendais avec impatience, ce "Hellboy 2", relève du doux euphémisme. Me repassant en boucle le premier épisode de ses aventures, relisant les comics éponymes et surfant sur le net, je n'en pouvais plus de ronger mon frein, les yeux écarquillés à chaque fois que je découvrais un nouveau design de créature, un nouveau croquis , une nouvelle maquette...


Grand fan de Guillermo Del Toro, je me repassais également "le Labyrinthe de Pan" et "blade II" sans jamais cesser de m'émerveiller de cette capacité innée du réalisateur à donner vie à des créatures baroques et délirantes, sans jamais se répéter...

Il y a une magie dans les monstres qu'invente/met en scène Guillermo Del Toro, quelque chose qui rappelle Ray Harryhausen et ses créations de légende (Méduse, Kraken, cyclopes, sans oublier les squelettes agressifs dans une scène d'anthologie du film "Jason et les Argonautes"). Enfin, le soutien et l'implication de l'auteur original, Mike Mignola, avait tout pour rassurer/encourager les fans.


2. ALL HELL BREAKS LOOSE (l'intrigue) :


Et enfin, le voilà de 
retour ! Toujours aussi soupe-au-lait. Toujours aussi bourrin. Hellboy, donc, ressort son flingue, son imper' et ses crucifix pour aller affronter les menaces surnaturelles qui planent sur nous, pauvres mortels !


En l'occurence, il s'agit ici du belliqueux Nuada, issu du peuple fée (c'est un elfe, quoi !), prince de sang royal mais surtout guerrier farouche et redoutable, exilé loin de son peuple.
Ulcéré par la paix conclue entre les fées et les humainsen des temps antédiluviens , qu'il juge "inique", Nuada désire relancer la guerre contre ces créatures avides et cupides (nous, quoi !).




Pour celà, il part donc en quête des trois fragments de la Couronne de Balor, artefact qui octroie à son porteur le commandement des indestructibles Légions d'Or. Et devinez qui c'est-y qui va sauver le monde ? Hmm... Bingo, le grand rouge avec son poing de pierre !


Alors, que dire du film ? premièrement, le scénario, ainsi qu'on vient de le voir, assume une rupture totale avec l'ambiance horrifique-lovecraftienne de la BD originale, tout en exploitant une autre thématique de la BD : l'existence d'un monde invisible, celui des fées et des esprits, parallèle au notre, clandestin et en voie d'extinction. Moribond. Une thématique habilement combinée aux mythes lovecraftiens par Mignola mais que Del Toro choisit de traiter séparèment (pour une meilleure compréhension du "Grand Public" peut-être ?). Le film s'éloigne ainsi du caractère horrifique du premier opus pour verser d'avantage dans la fantasy urbaine la plus débridée.


En effet, visuellement, Hellboy 2 est magnifique, servi par la photographie somptueuse de Guillermo navarro (déjà à l'oeuvre sur "le Labyrinthe de Pan") !

Plus d'une centaines de créatures font leur apparition dans le film, certaines de façon fugitive, d'autres durant des scènes entières. A tel point qu'une scène, celle du "Marché des Trolls" surpasse à elle seule les 2 scènes de la cantina sur Tatoïne et du palais de Jabba dans la trilogie Star Wars. Les costumes, les décors, les maquillages ne sont pas en reste. A tous les points de vue, Hellboy 2 est un régal pour les yeux. A tel point qu'on a l'impression que  Guillermo Del Toro cherche à battre une sorte de "record" en la matière. Un défi qu'il se serait lancé à lui-même et qu'il remporte haut-la-main !




Hélas, et c'est là que le bat blesse, au fil des une heure cinquante-neuf minutes du film, la forme l'emporte sur le fond, et la célébration tant attendue se transforme en amère déconvenue !


3. "I CAN'T SMILE WITHOUT YOU" ("Hellboy 2", une erreur de parcours ?) :


Si je cite la chanson du crooner Barry Manilow (je vous laisse découvrir les paroles ici), c'est que cette dernière occupe une place centrale dans "Hellboy 2". Comment ? Me direz-vous, outrés. Ben oui ! Del Toro cède aux sirènes du long-métrage "commercial" et nous livre non pas une mais deux histoires d'amour-à-la-guimauve qui viennent alourdir l'histoire.


Tout d'un coup, Lovecraft et ses créations dérangeantes s'effacent complètement pour laisser la place à un scénario édulcoré qui semble tout droit sorti des studios Disney.  La noirceur satanique du comics original se dilue au fil de scènes d'action toutes plus "explosives" les unes que les autres (mais déjà vues mille fois), tandis qu'un humour lourdingue vient achever nos espoirs. Le générique final tombe comme un couperet (avec à nouveau "I can't smile without you". Aaaargh !) et là, le verdict est sans appel : raté ! Hellboy 2 manque son coeur de cible, les geeks fans de l'atmosphère oppressante et délirante à la fois du comic-book pour lui préferer le public dit "familial", celui qui va voir "Les Chroniques de Narnia" ou encore "Harry Potter".


Dans cette tentative d'ouverture, le film accumule les citations cinéphiliques et les références au point d'en devenir génant à regarder. La cour féérique ? "Le Labyrinthe de Pan". Le marché des Trolls ? "Star Wars". Les combats mettant en scène Hellboy ? "X-Men" (1, 2 ou 3. N'importe). La visite du B.P.R.D ? "Men In Black". Etcetera.


Heureusement, quelques créations tirent leur épingle du lot par leur originalité, telles le superbe Ange de la Mort...

Ou encore le Prince Nuada, "mixage" savant et réussi (je trouve, mais tous ne partagent pas cet avis) entre les elfes du "Seigneur des Anneaux" (de Peter Jackson), Elric le nécromancien et les artistes martiaux de Wu-Xia-Pian. Charismatique en diable, ce personnage est d'autant plus appréciable qu'en face de lui, l'interprétation des protagonistes principaux est bien pâle. Hélas, il est bien seul finalement, là où Raspoutine était accompagné de plusieurs méchants tous bien typés et fascinants. 


THIS IS THE END... (conclusion) : 


Si "Hellboy 2" gagne en action, en spectaculaire, il perd malheureusement en intensité dramatique. Un constat d'autant plus étonnant que Guillermo Del Toro s'était jusqu'à présent distingué par la noirceur de son cinéma et son goût pour un fantastique radical et débarassé de tous compromis. Une noirceur qui allait de pair avec l'oeuvre de Mike Mignola. En effet, dans le comic-book, Hellboy assiste à sa mort, apprend qu'il est destiné à détruire le monde, que sa main droite est la "clé" de l'Apocalypse. Des informations que prophétise l'Ange de la Mort dans le film, penché au dessus de son corps mourant (une scène hélas trop courte et isolée du reste de l'histoire).  


Alors ? "Hellboy 3" sera-t-il en rupture complète avec l'épisode 2 ? Retrouverons-nous le ton apocalyptique et menaçant du comic-book ? Ou bien perpétuera-t-il le ton badin et léger du 2, à base de "private jokes", de visuels époustouflants et d'effets spéciaux explosifs ?

A ce jour, la question reste posée.

D'ici là, e
n attendant, "Hellboy 2" demeure un bon divertissement, sans prétention. Un agréable moment à passer et -pourquoi pas?- une excellente source d'inspiration, pour peu que vous meniez des scénarios utilisant un système de règles héroïque et épique (dK system, Savage Worlds, Wu-Shu, etc).


Si tel est votre cas, laissez votre sens critique au vestiaire, n'oubliez pas votre seau de pop corn et votre coca et surtout...


BON FILM A TOUS ET A TOUTES ! 
;)





Bonus : pour en savoir plus :


1. Le site officiel du film (en VO)... : http://www.hellboymovie.com/

... Et en VF : http://www.hellboy-2.fr/


2. Quelques critiques de fans (qui complètent cet article) :

- l'une très intéressante (et sévère), parue sur le blog comic coverage


- une autre critique, beaucoup plus indulgente, cette fois.


3. DVDRama consacre un très bon dossier à "Hellboy 2" :

- voici la critique : http://www.dvdrama.com/news-28685-hellboy-2-avis-a-chaud.php
- un dossier de 3 pages: 
http://www.dvdrama.com/news-28635-hellboy-2-la-vision-de-guillermo-del-toro.php- et une très belle galerie photo : http://www.dvdrama.com/news-27619-del-toro-et-le-monstrueux-album-de-famille.php 



4. Enfin, quelques annonces en avant première sur le futur "Hellboy 3" :
- http://www.actucine.com/news-films/hellboy-3-une-fin-de-trilogie-plus-dramatique-3759.html
- http://www.paperblog.fr/906603/hellboy-3-une-fin-de-trilogie-plus-dramatique/
- http://www.ecranlarge.com/article-details-8662.php





Repost 0
29 juillet 2008 2 29 /07 /juillet /2008 07:46



J'avais déjà évoqué la préparation du film "Hellboy 2", dont la sortie est prévue pour cet automne. En marge des habituels sites de promotion, j'ai découvert et vous invite vivement à aller visiter le site consacré à la production du film.


Tout en couleurs, somptueux, proposant de nombreuses vidéos, il abrite notamment une superbe galerie d'images qui vous permettra de découvrir en avant-première les décors et les créatures du film. Les illustrations et peintures sont magnifiques et les sculptures, de toute beauté (admirer ci-dessous le magnifique "yrdrig", le chien à trois têtes).




D'ores et déjà, Guillermo Del Toro s'apprête à nouveau à nous régaler avec des images superbes et des monstres d'anthologie. Troublants, grotesques et surprenants.
Le tout servi par une photo magnifique et ce goût inimitable pour les  ambiances baroques et bariolées.


Bref, je n'ai même pas fini de faire le tour du site que j'ai déjà hâte de découvrir le film. L'attente va être insupportaaaaable !


Comme le dit si bien le Grand Cthuloo (chaque fois qu'il prend son p'tit déj') : "yum-yum" !

Repost 0
25 juillet 2008 5 25 /07 /juillet /2008 06:24

La fin d'année 2008 devrait être remplie d'agréables surprises pour les rôlistes cinéphiles. Préparez-vous, faites vos réserves de pop corn et de coca-cola car ça devrait chauffer sur nos écrans !


En effet, tandis que "Solomon Kane" affute ses rapières et ses mousquets pour aller combattre les forces du Mal et que "MUTANT CHRONICLES - le film" aligne un casting trois étoiles pour affronter les Légions Obscures, voilà que "Hellboy 2 - Les légions d'Or maudites" se prépare lui aussi pour la grande baston générale de cette fin d'année !


Le géant rouge revient donc en octobre (pile poil pour Halloween) pour protéger l'humanité des périls indicibles qui la menacent. Et il devance ses petits copains pré-cités avec un site 100% francophone sur lequel vous trouverez entre autres goodies la bande annonce, le synopsis du film (miam ! Ca va être géant) et enfin une galerie de photos hautes en couleur. Personnellement, étant un fan du grand Guillermo Del Toro ("Le labirynthe de Pan" ; "Mimic" ; "L'échine du diable" ; "Blade II" ; etc.), j'ai hâte de découvrir le résultat.    


Mais surtout, last but not least, la grande nouvelle, c'est que le grand CTHULHU en personne s'apprête à envahir nos écrans ! "Cthulhu - welcome home to the end of the world" (mazette ! Quel titre !) devrait sortir aux Etats-Unis courant septembre. Le site officiel du film se trouve ici. Cette nouvelle adaptation du mythe aura donc la lourde tâche de succéder à "L'antre de la Folie" de john Carpenter, à "Dagon" de Stuart Gordon et au film à sketches "Necronomicon". Autant dire que ce n'est pas gagné, d'autant plus que le réalisateur est un illustre inconnu (Dan Gildark ? Inconnu au bataillon) sans aucune expérience du genre fantastique. Le mythe mérite quand même un peu plus de considération et un réalisateur vétéran du genre pour être mis en scène.

Néanmoins, on espère que les astres seront propices cette fois et que le film ne décevra pas nos attentes.

L'approche scénaristique, en tout cas, devrait être, euh... Surprenante avec - semble-t-il - une large place accordée à l'homo-/hétéro- sexualité des différents protagonistes (voir la photo ci-contre). Glps ! 

Wait and See
, donc. 


PS : pour être le plus complet possible sur le mythe de Cthulhu au cinéma, je me dois de mentionner également le film muet "Call of Cthulhu", disponible en DVD et produit par la H.P. Lovecraft Historical society. Le film dure 47 minutes, accompagné d'une musique symphonique qui se veut atmosphérique ("haunting" est le terme employé par les auteurs). Deux bons points :
- les intertitres existent en 24 langues (dont le français) ;
- le DVD est dézoné (et peut donc être lu sur n'importe quel lecteur).

Si vous êtes interessés, le film peut être commandé à cette adresse. Personnellement, je trouve le concept excellent (naturellement, il reste à voir ce que ça donne, n'est-ce pas ?).
  
;)

Repost 0
7 juillet 2008 1 07 /07 /juillet /2008 08:06

Excellente nouvelle pour tous les fans de chevaliers et d'aventure : Pygmalion vient de rééditer en un seul volume "Le chevalier errant" et "L'épée Lige", deux nouvelles de Georges R. R. Martin se déroulant dans le même univers que sa série fleuve du "Trône de Fer" (12 tomes parus à ce jour en VF). Ces deux tesxtes étaient auparavant disséminés dans des anthologies de la fantasy. Les voilà rassemblées pour la première fois.

Que les novices se rassurent, les histoires qui y sont racontées se déroulent en amont des événements de la série. Il n'est donc nullement besoin de connaître l'intégralité du "Trône de Fer" pour en apprécier le contenu.

Pour les connaisseurs, sachez que les événements décrits se déroulent 80 années auparavant (d'où le sous-titre "préludes" sur la couverture). La famille royale des Tagaryen est donc au faîte de sa puissance et gouverne les Sept Couronnes, qui  ne sont pas encore déchirées par la guerre.

La "paix" est cependant une notion toute relative dans ce monde féodal, régi par la loi du plus fort et par un système de castes sociales oppressant et injuste.

C'est dans ce contexte à fortes connotations historiques que Duncan, l'apprenti d'un chevalier errant, succède à son vieux maître, emporté non pas par le fracas des combats, mais par une banale pneumonie sur les routes pluvieuses de Westeros. Reprenant les armes de son maître, Duncan décide de devenir à son tour un chevalier errant, la tête farcie d'idéaux n'ayant qu'un lointain rapport avec la (cruelle) réalité.

Fans de Pendragon, de Premières Légendes de la Table Ronde et de jeux de rôle low-fantasy en général (comme HârnMaster, par exemple), vous pouvez vous ruer sur ce livre en toute confiance.

Non seulement vous y trouverez l'inspiration pour vos prochains scénarios, mais vous aurez le plaisir de découvrir deux histoires menées de main de maître par un Georges R.R. Martin très inspiré et un rien mélancolique.

Aussi, je vous souhaite une bonne lecture à tous et bons jeux ! 

Et n'oubliez pas : "l'hiver vient !"

P.S. : On appelle "Low-Fantasy" les univers médiévaux-fantastiques se déroulant dans un univers imaginaire, certes, mais avec un fantastique très peu présent, voire invisible. Par exemple, dans Westeros (le monde du "Trône de Fer"), il n'y a ni elfes, ni nains, ni orcs. Que des humains. La magie est si invisible que beaucoup n'y croient pas ("ce sont des contes de bonne femme !"). Il y a aussi des religions, des cultes organisés, mais les prêtres ne lancent pas de sorts ni n'effectuent de miracles (en règle générale). A vrai dire, toutes les prières du monde n'arrêteront jamais une épée dans sa course, ni le vol d'une flèche vers sa cible. Des pillards peuvent donc, à l'instar des Vikings, mettre à sac un temple et massacrer tous ses occupants sans craindre d'être foudroyés par la colère divine.

Autre caractéristique de la "Low Fantasy", du fait de la quasi absence de merveilleux, les frontières morales sont plus ténues et ambigues, tout comme dans notre monde réel. Il y a beaucoup plus de nuances de gris et le combat entre le Bien et le Mal n'a pas sa place ici.

Bref, plus "réaliste" et plus sombre, la "Low Fantasy" se situe à l'exact opposé de la "High Fantasy" ("le Seigneur des Anneaux", "Dragonlance", "la saga d'Elric"), avec ses conflits cosmiques entre divinités, ses magiciens aux pouvoirs démesurés et ses héros de légende.

 

Repost 0
4 juillet 2008 5 04 /07 /juillet /2008 12:39




"Chantre" (
définition) :
Dignitaire qui remplit l'office de maître de chœur, qui entonne et préside au chant dans un monastère ou une église ; Par périphrase, désigne un poète épique, lyrique : Le chantre d'Ilion (Homère), Le chantre de la Thrace (Orphée), Le chantre du Paradis perdu (Milton), etc.



I. une figure majeure de la littérature fantastique contemporaine


Considéré de son vivant comme l'un des plus grands poètes américains du XXe siècle, Clark Ashton Smith (1893-1961) vécut en Californie d'innombrables petits métiers avant de se lancer tardivement, vers l'âge de trente-cinq ans, dans l'écriture.

Totalement autodidacte, nourissant une véritable passion pour les arts et la culture en général (il apprit seul le français et l'espagnol en traduisant les textes d'auteurs qu'il aimait), il fut l'artisan et le bâtisseur d'une oeuvre immense : plus de 700 poèmes, d'innombrables nouvelles (plus de 100 ?), mais aussi des peintures, des sculptures...

Son oeuvre, abondante et sophistiquée, se situe aux carrefours de la science-fiction, du fantastique et de l'horreur.

Surtout, elle eut une grande influence sur les travaux de maints écrivains célèbres : Frank Belknap Long, H. P. Lovecraft (qui l'admirait et s'efforçait de promouvoir ses travaux), Lin Carter, Ray Bradbury, Harlan Ellison ou encore Fritz Leiber... Tous furent marqués par la force et la poésie de ses textes.


II. Un précurseur et un visionnaire


"I, who record these future memories, have passed through the portals of a myriad incarnations and death. My lives are part of all earthly history: I have left my bones in Pleistocene valleys lying mile-deep beneath glaciers of Greenland; I have looked on a larger sun from the capsizing peaks of doomed Poseidonis; I have known rebirth birth in all regions that were, that are, or shall ever be. Four times, in remotely separate ages, I have lived in the land of Dooza Thom, which is destined to form the northernmost of the peopled realms of Zothique".

"Moi, qui écris ces souvenirs du futur, suis passé par les portails d'une myriade d'incarnations et de morts. Mes vies sont une partie de toute l'histoire terrestre : j'ai laissé mes os dans des vallées du Pléistocène qui gisaient à plusieurs milles de profondeur sous les glaciers du Groenland; j'ai contemplé un plus large soleil sur les pics chavirants de Poséidonis la condamnée; j'ai connu les renaissances de naissances dans toutes les régions qui furent, qui sont ou qui seront un jour. Quatre fois, en des âges fort éloignés les uns des autres, j'ai vécu en la terre de Dooza Thom, laquelle est destinée à former la partie la plus nordique des royaumes habités de Zothique".
 - Shapes of Adamant


Xothique, Yondo, Averoigne... 

Clark Ashton Smith décrivait dans ses textes des paysages tourmentés, des déserts peuplés de cauchemars vivants, des univers au bord du gouffre, contre lesquels les hommes devenaient insignifiants, sans défense... Ou fous ! 

Toujours, son imagination fantasque et enfiévrée fut servie par une écriture d'une rare qualité, élégante et archaïque, précieuse. Lui-même se réclamait d'auteurs tels que  Arthur Machen, Joris Karl Huysman, Edgar Allan Poe, Baudelaire, Keats, et George Sterling. 


Pour tous les amoureux de littérature fantastique et d'imaginaire, Clark Ashton Smith "siège" aux côté de Howard Philip Lovecraft et de Robert Ervin Howard. A eux trois, ces écrivains d'exception, aux univers inquiétants et imagés, envoûtants et irréels, forment ce que l'on serait fort tenté d'appeler une "Trinité (littéraire) des Ténèbres". 


III. Lire et relire Clark Ashton Smith...


"Our blood is swayed by sunken moons
And lulled by midnights long foredone;
We waken to a foundered sun
In Atlantean afternoons:
Our blood is swayed by sunken moons

In gardens of another age,
For us, the Grecian roses fall,
The gold figs ripen by the wall;
And your pale breasts my love assuage—
In gardens of another age."

 - Amor Hesternalis


Tout autant que ces deux grands écrivains (Howard et Lovecraft), l'oeuvre de Clark Ashton Smith mérite d'être traduite chez nous. Peut-être même d'avantage encore tant son influence fut grande.

Hélas, ses textes se sont faits terriblement rares de ce côté de l'atlantique... Du moins jusqu'à l'intervention inespérée des éditions de la Clef d'Argent qui ont récemment édité plusieurs d'entre eux. Il est (pour l'instant !) possible de lire : 

Nostalgie de l'Inconnu
(ISBN-10 2-908254-31-X12 Euros - 80 p.)
et
Le Mangeur de Hachisch
ISBN-10 2-908254-22-0ISBN-13 978-2-908254-22-8 - 3 Euros, 24 p.)

Deux études viennent compléter le catalogue de cette petite maison d'édition : 

Les Mondes perdus de Clark Ashton Smith, une étude de Jean Marigny.
(ISBN 978-2-908254-56-3 - 5 Euros - 46 pages)

Clark Ashton Smith, poète en prose, essai de Donald Sidney-Fryer
(ISBN 978-2-908254-63-1 - 5 Euros - 60 p.) 


De l'autre côté de l'Atlantique, il n'est pas certain qu'une anthologie complète et digne de ce nom existe.

En effectuant mes recherches sur le net, j'ai trouvé
  une bibliographie ma foi intéressante et j'ai copié-collé ci-dessous, les références les plus récentes, dans l'espoir qu'elles pourront servir, aux plus courageux d'entre vous (lire Smith en anglais dans le texte est une gageure, tant son style est recherché !) :


A Rendezvous in Averoigne. Sauk City, Wis.: Arkham House, 1988; reprint 2003.


The Last Oblivion: Best Fantastic Poems of Clark Ashton Smith. Ed. S. T. Joshi and David E. Schultz. New York: Hippocampus Press, 2002.


The Emperor of Dreams. London: Gollancz Press, 2002. 548 pages.


The Black Diamonds. Ed. S. T. Joshi. Illustrated by Jason C. Eckhardt. New York: Hippocampus Press, 2002.


The Red World of Polaris. Eds. Scott Connors and Ron Hilger Portland, OR: Night Shade Books, 2003.


The Sword Of Zagan And Other Writings. New York: Hippocampus Press, 2004.


The Maker of Gargoyles and Other Stories. Wildside Press, 2004.


The Double Shadow. Wildside Press, 2003.



IV. INTERNET A NOTRE SECOURS :


Enfin et fort heureusement, quelques sites de qualité existent, qui permettent de redécouvrir en partie son oeuvre, y compris quelques traductions en français ! Le principal et le plus complet est 
the Eldritch Dark, qui est incontournable !

En français, on peut également citer le site "Klarkashton" (
http://klarkashton.free.fr/).

Et sa biographie sur Wikipedia vaut aussi le coup d'oeil, puisqu'elle recense tous les textes traduits en français (chez les défuntes éditions NéO).

Enfin, j'ai un petit faible pour le très sympatique site d'Oceanstar, créé par des fans de l'écrivain et appelé à s'enrichir au fil des collaborations. N'hésitez pas à venir le visiter (http://www.oceanstar.com/cas/). Vous pourrez notamment y admirer des sculptures de l'écrivain, comme celle, ci-contre, d'Azatoth. Intéressant, non ?


Je cloturerai cet article en espérant vous avoir donné envie de découvrir cet immense écrivain. Comme je manque d'inspiration et de talent, je laisserai le mot de la fin au "Maître de Providence" :


"La vision exotique de M. Smith est sans doute tout entière résumée dans la longue et fantomatique procession de pentamètres non rimés intitulée «Le Mangeur de hachisch ou l'Apocalypse du mal». Dans cette descente effrénée au sein de gouffres de terreur interstellaire sans nom, le poète californien présente un spectacle grandiose et enivrant de vermillon vénéneux et d'ombres paralysantes dont le contenu n'a d'égal que le support verbal ; un support impliquant l'un des choix de vocabulaire les plus luxuriants et les plus délicats jamais opérés par un écrivain de langue anglaise". 

- Howard Philip Lovecraft
 

Repost 0

Présentation

  • : dices everywhere, des dés, du fun, des jeux
  • dices everywhere, des dés, du fun, des jeux
  • : blog dédié aux JEUX DE RÔLE "OLD SCHOOL" et plus récents : AD&D 1st ed., 0D&D, Labyrinth Lord, Swords & Wizardry, OSRIC, Savage Worlds
  • Contact

Who Made Who

  • Olivier
  • Passionné de JDR depuis bientôt 30 ans et fan de : mangas, comics, fantasy, SF, fantastique, épouvante, Heavy-Metal, Vikings, Hal Foster, HR Giger, Druillet, R.E. Howard, Lovecraft et bien d'autres choses encore !!!
  • Passionné de JDR depuis bientôt 30 ans et fan de : mangas, comics, fantasy, SF, fantastique, épouvante, Heavy-Metal, Vikings, Hal Foster, HR Giger, Druillet, R.E. Howard, Lovecraft et bien d'autres choses encore !!!

Recherche

Je soutiens...

    brstrip

 

Liberté d'expression sur le net