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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 16:43

HellboyPlanetaryLa Ligue des Gentlemen ExtraordinairesLa Brigade Chimérique

 

 

league10re4Depuis quelques années maintenant, une nouvelle forme de science-fiction a fait son apparition, notamment dans les pages des  bandes dessinées américaines.

Un nouveau style littéraire ?

Un nouveau genre ?

En tout cas, une façon bien particulière de construire un récit fantastique, qui est en train de "faire école".

 

 

Ce nouveau genre, appelons-le (faute de mieux) SF "bric-à-brac" en attendant une meilleure définition

 

De quoi s’agit-il ? De récits qui :

1. puisent à une multitude de sources d’inspirations, réelles et fictives,

2. en les citant plus ou moins ouvertement,

3. et (surtout !) en les mélangeant/brassant ensemble.

 

Ce brassage/mélange est souvent symbolisé par l’usage de figures légendaires de la culture populaire. Des héros et vilains mythiques que l’auteur fait se rencontrer, dialoguer, s’allier, se battre et (parfois) mourir.

Des personnages marquants, ayant réellement existé, sont aussi mis à contribution lors des récits et croisent la route des personnages fictifs. 

 

 

De la même façon, le mélange d’événements réels et fictifs est une fondation essentielle du récit, qui y puise sa cohésion interne.

Sa densité.

Pendant ce temps, le lecteur est égaré dans un kaléidoscope vertigineux d’intrigues, d’idées fortes et d’images.

 

 

Enfin, dans la SF "bric-à-brac", les sources d’inspiration sont nombreuses, foisonnantes et multiples

- littérature populaire du XIXème siècle, 

- jeux vidéos, 

- mangas, 

- BD européennes, 

- comic-books anglo-saxons, 

- romans pulps, 

- cinémas de genre du monde entier (Film Noir, Chambara, Kung-Fu, Yakuza-Eiga, films de monstres, horreur gothique "à la Hammer", westerns, etc.).

mais aussi :

- histoire réelle (politique, culturelle, militaire, etc.), 

- ésotérisme, 

- Folklore populaire, 

- Mythes et légendes,

- sciences naturelles,

- sciences physiques, 

- etcetera...

 

 

 

planetary-comics-volume-1-francaise-15636.jpg

Planetary ? Des savants fous, des héros du siècle dernier, des vaisseaux spatiaux qui voyagent entre les univers, des fantômes vengeurs, des aliens... Et trois archéologues de l'étrange !

 

 

Le résultat ? Des œuvres bariolées, délirantes, pleines de rebondissements et de coups de théâtre au cours desquelles le lecteur pourra croiser pèle-mêle Sherlock Holmes, Dracula, H.G. Wells, Odin, le capitaine Nemo, Marie Curie, Robur, H.P. Lovecraft, Winston Churchill, Al Capone, Clark Kent et Bruce Wayne (alias…Qui vous savez), Raspoutine, le docteur Frankenstein, Arsène Lupin, Adolf Hitler, Cthulhu, Nyarlathotep et consorts, mais aussi Tarzan, Mata Hari, le Loup-Garou de Londres, Allan Quatermann et bien d’autres figures encore !

 

 

Tous ces personnages, réels ou fictifs, se retrouvent mêlés à l’histoire qu’invente l’auteur, parfois sous leur vrai nom. Parfois sous des noms d’emprunt. Ainsi, Clark Kent devient-il "monsieur Steele" dans La Brigade Chimérique, tandis que Tarzan devient "Lord Blackstock" dans Planetary.

 

Ainsi, les auteurs de ces séries modernes sont à la fois brocanteurs, archivistes et explorateurs de l’imaginaire.

Ils réinventent les mythes, revisitent à la fois notre histoire et notre culture, et refont le monde. 


Mieux ! Ils le transforment dans chacun de leurs récits, au fur et à mesure de leurs ajouts, de la même manière qu’un brasseur ou un alchimiste prépare un breuvage en dosant chaque nouvel ingrédient qu’il incorpore.  

 

Force est de le constater : cette "science du mélange" a donné naissance à des œuvres fortes, épatantes, qui ont toutes rencontré un succès à la fois critique et commercial. 


Ainsi, Hellboy a reçu plusieurs Eagle Awards, un Eisner Awards en 2002 pour le son histoire courte "le Ver Conquérant" et a été adapté deux fois au cinéma.

Planetary fut quatre fois nominé aux Eisner Awards

La Ligue des Gentlemen Extraordinaires reçut deux Eisner Awards en 2003 et a été adapté (mal, hélas) au cinéma avec Sean Connery dans le rôle d’Alan Quatermann. 

Petit dernier du lot, La Brigade Chimérique a reçu le prix du jury BdGest'Art 2010. En attendant d'autres récompenses ? 

 

D'autres séries méritent d'être citées, comme Supreme et Tom Strong, tous deux Moore, d'Alan Moore, qui revisitent en profondeur les codes et poncifs des comics de super-héros. 

 

Pour nous, rôlistes, ces bandes dessinées sont à chaque fois de formidables sources d'inspiration. A chaque nouvelle lecture, nous partons à la découverte d'univers entiers ! Des terres alternatives à explorer, différentes, étranges, riches en possibilités...

 

L'aventure s'y déploie, faite de mystères, de surprises, de références, de citations diverses... C'est un capharnaüm érudit, bariolé et baroque qui nous saisit et nous emporte à chaque fois. Un tourbillon vertigineux de sensations et d'intrigues qui nous laisse pantelant. 

 

Avec à chaque fois, presque à chaque page, un nom, une citation, qui affleure sous le sable. Comme un trésor enfoui qui attende d'être déterré.

 

Ne passez pas à côté de ces merveilleux récits. Lisez-les. Savourez-les. Et le plus important, amusez-vous.


 

Bons jeux à tous et à toutes !

 

 

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 16:16

Avec la sortie de Tecumah Gulch, l'envie m'a saisi de retrouver les grandes prairies, colt au poing, dans la peau d'un irréductible marshall, d'un farouche trappeur ou encore d'un outlaw sang-mêlé, une poignée de fidèles D6 calés dans ma main droite, la main gauche sur ma feuille de perso (plus une Bible et une bouteille de whisky sur la table, histoire de mieux recréer l'ambiance).

 

Or, ô joie et bonheur, il existe encore des cinéastes fans du genre pour vouloir redonner au western un second souffle.

 

1. True Grit, le remake :

 

Après "Open Range" (de et avec Kevin Costner), puis "Appaloosa" (par Ed Harris) et enfin "3h10 pour Yuma", c'est au tour des frères Coen de se lancer dans la réalisation d'un western avec leur remake de "Cent dollars pour un shériff", un excellent western réalisé par Henry Hathaway en 1969 et porté par l'immense John Wayne.

Au menu, des paysages sauvages et grandioses, des méchants ignobles et une classique histoire de vengeance, mise en valeur par un "twist" original, le "Duke" étant engagé par une adolescente pour retrouver les meurtriers de son père. 

 

true-grit-poster.jpg

 

 

Pour lui succéder dans les bottes de "Rooster" Cogburn, shériff borgne, alcoolique et dur-à-cuire, Ethan et Joël Coen ont donc misé sur le génial Jeff Bridges ("the Big Lebowski"), qui sera accompagné dans l'aventure par Matt Damon et Josh Brolin. Une belle brochette d'acteurs au service d'une histoire à la fois simple (il faut retrouver des bandits et les éliminer) et complexe (pèle-mêle, le film explore les thématiques de la culpabilité, de la vengeance, de la relation père-fille qui s'établit entre Rooster et sa "patronne", du passage de relais entre deux générations de shériffs, etc.). Toute la beauté du western, quoi !


 

 

Pendant ce temps, d'autres auteurs cherchent à rameuter les "djeuns" à grand renfort d'effets spéciaux, fuyant la sobriété inhérente au genre pour lui préférer le grand spectacle. Et tant pis pour les puristes !

 

 

2. Cow-boys et envahisseurs :

 

Ainsi, en août 2011 (soit à peu près en même temps que la version française de Deadlands  ?) sortira "Cow-boys et envahisseurs" ! Un film de SF au pitch complètement barré, limite ridicule, puisqu'il opposera des cowboys et des indiens à une invasion d'extraterrestres belliqueux, comme son titre français l'indique si bien.


 

19603304.jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20101129_042539.jpg

 

 

Malgré cela, le film a toutes ses chances de plaire au public.

 

Primo, parce que le film est réalisé par Jon Favreau, réalisateur des deux premiers Iron Man, tout auréolé du succès de ces deux blockbusters.

Secundo, parce qu'il est co-produit par Ron Howard et Steven Spielberg. Il devrait donc bénéficier d'un budget confortable et d'effets visuels des plus convaincants.

Enfin, tertio, parce qu'il bénéficie de la présence de stars hollywoodiennes. En tête d'affiche, Daniel Craig et Harrisson Ford, génial en tyran revanchard. Pour les accompagner à l'écran : la belle Olivia Wilde (que ce salaud de Daniel Craig va culbuter dans le film, bien entendu !), Sam Rockwell, Wes Studi, Clancy Brown (l'infâme Kurgan dans "Highlander"), Keith Carradine... Un chouette casting !

Et puis franchement, un film qui ose marier cow-boys et bêbêtes monstrueuses (avec ou sans tentacules ?) intéressera forcément certains d'entre vous, je pense notamment aux fans du Deadlands cité plus haut.

 

 

3. Jonah Hex :

 


Troisième film apparenté au genre Western prévu pour 2011, Jonah Hex devrait arriver chez nous directement au rayon DVD courant février.


300pxJonah_Hex__Face_Full_of_Violence.jpgLe visage horriblement défiguré, ivre de violence, invincible dès qu'il empoigne ses revolvers, Jonah Hex est une figure à part des comics américains, publié par DC. Inspiré par les innombrables anti-héros des westerns spaghettis, Jonah est un tueur hanté par sa propre violence, un chasseur de primes jusqu'au boutiste et impitoyable. 

Problème : les divers auteurs qui se sont succédé pour raconter ses histoires se sont éloignés du personnage d'origine pour lui faire vivre toutes sortes d'aventures, toutes plus rocambolesques les unes que les autres. Notre chasseur de primes aura donc voyagé dans le temps. D'abord au vingtième siècle, où il rencontre les héros de la Ligue de Justice (Batman, Superman et consorts), puis dans un lointain futur. Dans d'autres versions, Jonah arpente toujours l'ouest américain, mais avec le pouvoir de commander aux morts ! 

 

On se demande donc ce que va donner l'adaptation au cinéma de cette BD hardcore, avec Josh Brolin dans le rôle titre, John Malkovich en méchant suave et infect et enfin Megan Fox en sexy bitch vindicative (désolé, je ne vois pas d'autres qualificatifs pour le rôle qu'elle a). D'ores et déjà, outre-atlantique, le film a fait un flop retentissant et laisse présager d'un film galvaudé, à côté de la plaque, loupé. Pour les plus curieux d'entre vous, une bande annonce tourne déjà sur youtube

 

 

jonah-hex-poster--1-.jpg

 


Last Word : 

 

Pour nous, rôlistes, ces différents films, qu'ils soient réussis ou loupés, sont autant d'inspirations bienvenues pour concocter de futurs scénarios ou encore imaginer PJ et PNJ (ou encore pour voir quelles sont les erreurs à ne pas faire ! ).

 

Si en plus, on considère les diverses séries télé et autres bandes dessinées qui continuent de sortir, on se dit que le Western, comme les JDR, n'est pas mort. Et c'est tant mieux.

 

Alors, bons films (bons downloads ?) et bien entendu...

 

BONS JEUX !


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17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 10:56

Il arrive cet été, sur nos écrans de cinéma (et non sur "un putain de serveur", comme le clame fièrement la bande annonce faite par un fan) et il va faire mal. Très mal.

 

trailer-the-expendables-sylvester-stallone-L-1.jpeg

 

"Il" ? C'est "the expendables", la dernière réalisation de Sylvester Stallone et sans aucun doute, l'un des plus gros buzz du cinéma US cette année : un casting hallucinant (habituellement, les films qui réunissent autant de stars sont ceux de Robert Altman ou de Woody Allen. C'est dire !), des scènes d'action qui promettent d'être renversantes, de la testostérone à gogo, de l'humour, de la frime, des salopards, de la violence, des trognes patibulaires, des explosions "énoOormes", des gros flingues, un hommage appuyé aux films d'actions des années 80 et peut-être même, la réhabilitation d'un sous-genre bien particulier du cinéma bis, tombé en désuétude : le film de commandos (en vo : les "guys-on-a-mission movies"). 

 

 


"The expendables" promet d'être tout ça à la fois. Et donc, pour le geek presque-quarantenaire-nostalgique que je suis, ce sera LE film de l'été à ne surtout pas manquer.

The-Expendables.jpgEh oui ! Que voulez-vous ? Les films d'action des années 80 me manquent. Leurs gunfights bourrins. Leur morale simpliste. Leurs héros bodybuildés. Leurs méchants sadiques patibulaires que les héros bodybuildés cités précédemment se faisaient un plaisir de casser en plusieurs petits morceaux à grands coups de poings/de pieds/de couteau/de machette/de fusils à pompe/de cabines téléphoniques (rayez la mention inutile) dans la gueule... Bref, toute une époque !

 

 

Mine de rien, je ne dois pas être le seul dans ce cas, car bon nombre de jeux de rôle cherchent justement à recréer cette ambiance virile et testostéronnée au doux parfum de nitroglycérine.

 

eric_roberts_and_stone_cold_steve_austin_from_the_set_of_th.jpg

 

Vous voulez des noms ? Allez, juste quelques uns en guise d'exemple : Honk Kong Action Theater, Feng Shui, Wushu, Extreme Vengeance (jeu hélas épuisé, mais qui fait régulièrement son apparition en convention, dans l'enceinte sacrée du GROG), D20 Modern, Spycraft, ReconMerc, Berlin XVIII, C.O.P.S, Mercenaires (un excellent jeu français, desservi par une présentation trop cheap), Millenium's End, Trauma et j'en passe.

Sans oublier les innombrables systèmes de règles génériques (True20dK system, GURPS, Savage Worlds, etc.) qui permettent de s'adonner sans complexes, le temps d'une partie, ou bien durant toute une campagne au "pétage-de-gueules-de-méchants", et au format cinémascope s'il vous plait !

 

 

Vous aurez, j'en suis persuadé, saisi le fond de ma pensée. Oui, il reste une place de choix dans l'univers des Jeux de Rôle pour l'action pure et dure !

 

De l'action sans prises de tête excessive, quelques grenades dans la poche et un fusil d'assaut dans les pognes, loin de l'ambiance délicate et subtile du Seigneur des Anneaux (que j'adore, soit dit en passant !), des reconstitutions médiévales historisantes comme Aquelarre ou Yggdrasyl ou encore, des jeux de rôle d'horreur aux ambiances torturées (Kult, Patient XIII, Notre tombeaules Ombres d'Esteren...) qui sont si prisés dans nos contrées. Et ça fait du bien !

 

Histoire de clore cet article sur une note joyeuse et décomplexée, je vous propose de découvrir ci-dessous le délirant vrai-faux trailer "A Call to arms" concocté par un fan totalement barré. Afin de mieux comprendre le pourquoi du comment, je vous invite tout d'abord à lire l'explication sur le site Première.fr. Vous verrez, ça vaut son pesant de cacahouètes !

 

Bonne lecture, bon visionnage, amusez-vous bien et surtout...


... BONNE BOURRE !

 

 

 

 


 

 

 

 

 


POUR EN SAVOIR PLUS :


Naturellement, le site officiel du film vient en premier choix : des news, des photos inédites, des infos, etc.

Découvrez également la "pub virale" YouTube, avec un Stallone en grande forme qui dévaste le célèbre site web à grands coups de bazooka et de grenades : hilarant !


En français, également, deux fiches fort instructives méritent le détour : celle d'Allociné, et celle de Paperblog.

 

Enfin, le site "les toiles héroïques" consacre un suivi d'excellente facture (déjà 11 articles de parus) au film.

 


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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 17:00

t3435zh2.jpgFans de créatures mythologiques, de merveilleux et d'imaginaire, il existe sur le net un site tout en français, qui répertorie toutes les créatures de légendes inventées par l'homme à travers le globe.

 

supertomasse, c'est son nom (et quel nom ! ) propose pas moins de 234 articles consacrés aux créatures féériques, aux génies, aux anges et à leurs homologues démoniaques, aux demi-humains, aux géants, aux créatures marines (sirènes, tritons, etc), aux montures fabuleuses, aux créatures volantes, et j'en oublie !

 

Certes, me rétorquerez-vous probablement, tout joueur de Jeu de Rôle connait plus ou moins les créatures en question (surtout s'il joue à D&D ou qu'il en collectionne les innombrables bestiaires ).

Mais l'intérêt est ailleurs : dans l'iconographie soignée qui accompagne la description de chaque créature. A de rares exceptions près (des images tirées de jeux vidéos, pas terribles du tout), les illustrations et dessins choisis sont superbes, à l'image du magnifique Rakshasa que je me suis permis de reprendre pour illustrer mon article sur l'exposition actuellement présentée à la BNF).

 

Quant au contenu, ce sont les articles sur les créatures issues du folklore (par exemple, les fées) qui ont le plus retenu mon attention, car parsemés d'anecdotes et d'informations toutes plus intéressantes les unes que les autres.

 

Seul petit regret : que l'auteure ne cite pas ses sources littéraires ou autres, afin que les personnes intéressées puissent continuer plus loin. Par exemple, j'aurais été ravi d'en apprendre d'avantage sur les Djinns et les Effrits. Pour le coup, me voilà condamné à mener mes propres recherches, d'abord sur le net (wikipedia), puis éventuellement, en librairie. 


Tant pis. Le travail fourni mérite quand même le détour, d'autant plus qu'on sent une certaine passion chez l'auteure. Bonne continuation à supertomasse, donc. Quant à vous, amis rôlistes, je vous souhaite une bonne visite de son blog et...



... BONS JEUX ! 

 

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 19:49

comtesse-delpy-aff.jpgAmis rôlistes, si vous aimez les univers historiques, les atmosphères inquiétantes, l'étrange, le fantastique, les récits de complot, les intrigues tortueuses, le macabre... Ne passez pas à côté de l'excellent film "The Countess" (en français, "La comtesse"), actuellement en salle.

 

Réalisé, écrit et interprété avec maestria par Julie Delpy (dont je garde un souvenir ému pour sa prestation troublante dans "Killing Zoe"), "The Countess" est un film passionnant et riche. Un film ô combien précieux en ces temps troublés que vit le cinéma actuel, dominé par l'arrogante machine à fric hollywoodienne et son omniprésente/insupportable "3D".

 

De quoi parle "The Countess" ? Du destin tragique d'Erzsebeth Bathory, comtesse riche et puissante qui vécut au dix-septième siècle et fut accusée de s'être baigné dans le sang de jeunes filles vierges, dans le fol espoir de conserver une jeunesse éternelle. Accusée de centaines de meurtres, Erzsebeth Bathory fut emmurée vivante dans son chateau. Elle finit par rendre l'âme en 1614, seule, dans la honte et l'infamie.


Par la suite, sa terrible légende alimenta maints récits horrifiques et de nombreuses personnes pensent qu'elle fut une source d'inpiration directe pour Bram Stoker, autant que Vlad Dracul, lorsqu'il rédigea son célèbre roman "Dracula". A sa suite, de nombreux romanciers et scénaristes s'inspirèrent de son histoire : Bathory fut tour à tour ogresse, vampire, sorcière, succube, démone, serial-killer avant de connaître, au vingtième siècle, une étonnante forme de postérité "grâce à" la musique Heavy-Metal.

 

Loin de ces divagations, c'est le destin tragique, hors-norme de cette femme de pouvoir que le film cherche à explorer. Car rien n'est certain dans l'histoire officielle de la "sanglante comtesse". Rien ! Pas même le nombre réel de ses supposées victimes (les chiffres hésitent entre une trentaine et plus de six-cent meurtres !). Aujourd'hui encore, les historiens débattent. Bathory était-elle vraiment coupable ? Ou bien était-elle innocente et victime d'un complot ?

 

Avec une réelle sensibilité et beaucoup d'empathie, Julie Delpy refuse de trancher et nous propose les deux versions de l'histoire. Dans le même élan, la réalisatrice refuse de recourir aux habituelles imageries gore associées à la Comtesse, vulgaires, et leur préfère le pouvoir de la suggestion. Enfin, elle bannit tout érotisme racoleur  pour mieux dessiner le portrait supposé de cette femme solitaire et complexe. C'est ce triple refus, cette triple rébellion contre la légende grand-guignolesque de la "Comtesse Sanglante" qui donne au film toute sa singularité.


Avec sincérité, avec conviction, avec intelligence et subtilité, Julie Delpy n'affirme rien. Elle montre tout et rien (on voit la Vierge de Fer, mais on ne voit pas les meurtres). Elle soulève les questions qui dérangent. Elle n'accuse pas mais elle n'innocente pas non plus. Brillamment, elle fait naître le doute, nous prenant par la main pour mieux nous égarer. "L'histoire est écrite par les vainqueurs" commente le narrateur dès les toutes premières images du film. La phrase, répétée à la toute fin, poursuit le spectateur à la sortie du film. Car en définitive, qu'avons-nous réellement vu ? Et que savons-nous réellement d'Erzsebeth Bathory ?

 

the_countess02.jpg


Qu'y a t-il de certain dans ce film ? Eh bien, il y a la cruauté de l'époque, indéniable, marquée par les chasses aux sorcières et la guerre féroce contre les turcs (1593 - 1606). Il y a les luttes de pouvoir et les machinations. Les conflits d'intérêt qui, dans l'ombre, ont peut-être préparé la chute de Bathory ? Il y a ce roi de Hongrie, Matthias Ier, rempli d'ambitions et d'intrigues, qui devait une fortune considérable à Bathory et à son défunt mari, le comte Nadasdy. Il y a enfin les moeurs et le poids de la religion. Le poids de l'obscurantisme et de la superstition, qui relèguent la femme à un rang subalterne. Le veuvage d'Erzsebeth, femme intelligente et cultivée, richissime. Des "indices" que sème Julie Delpy mais qui ne prouvent rien. Le doute domine jusqu'à la dernière image. Absolu. Irréductible. 


Si le fond est intéressant, la forme mérite tout autant votre attention.


Tout d'abord, il y a des acteurs formidables, notamment John Hurt, qui livre une prestation remarquable, toute en autorité. Mais aussi Anamaria Marinca, qui joue le rôle de la confidente de Bathory. Charly Hübner qui incarne son mari, le brutal comte Nadasdy. Sebastian Blomberg, surprenant et vénéneux (quoique, j'ai trouvé son rôle un peu caricatural). Frederick Lau. Daniel Brühl ... Tous livrent une interprétation rigoureuse et parfois, inspirée. 


Ensuite, surtout, il règne sur le long-métrage une atmosphère incroyablement délétère. Morbide même. En optant pour une mise en scène volontairement lente (qui rebutera plus d'un spectateur, hélas), Julie Delpy insuffle au film tout entier le rythme d'une marche funèbre. Les paysages sont hivernaux, brumeux. Des arbres squelettiques bordent les flancs du château comtal. Le froid semble omniprésent. Bref, l'ambiance est saisissante, renforcée encore par une musique, certes répétitive, mais qui remplit parfaitement son office. 

 

Quant à Julie Delpy, que dire si ce n'est qu'elle habite littéralement le rôle ? A l'écran, elle est Bathory. Sa sincérité est indéniable. Son intégrité, son investissement forcent le respect. 

 

the-countess-3.jpg


Alors, oui, nous sommes très, très loin d'Avatar et consorts. Il n'y a pas de "3D", ni de déflagrations monstrueuses. Pas de monstres en images de synthèse. Pas de manichéisme réducteur ("gentils contre méchants = gentils gagnent"). Pas de simplification à outrance. Pas de glamour, ni de "jeunisme abétissant".  

Mais qu'est-ce que ça fait du bien !!! 


Pour conclure, amis rôlistes, si vous êtes fans d'ambiances gothiques et/ou conspiratrices, que vous aimez le Monde des Ténèbres, ou bien que vous souhaitez maîtriser Le Trône de Fer JDR, foncez découvrir "The Coutess", une formidable source d'inspiration et de réflexion pour vos prochaines parties.


BONS JEUX A TOUS ET A TOUTES !

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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 20:00

Chouette ! Le 19 mai 2010, paraîtra enfin en français le quatrième tome des aventures d'Invincible.

 

Invincible-tome4.jpg


"Invincible" ? C'est sans aucun doute l'un des comic-books les plus enthousiasmants de la décennie écoulée. A la fois, un hommage pleinement assumé au genre super-héroïque et une habile parodie qui joue avec les codes et les poncifs du genre.


Son auteur, Robert Kirkman, à qui l'on doit entre autres la série culte "Walking Dead" (11 tomes rien qu'en français) fait preuve d'une réelle maîtrise dans l'agencement de son scénario. Il s'amuse et nous amuse, en même temps qu'il joue avec nos nerfs.

 

Batailles gargantuesques, méchants surprenants, héros épris de morale, invasions extra-terrestres en pagaille, coups de théâtre à foison, humour de tous les instants, personnages en proie à leurs démons intérieurs, rebondissements incessants... Tous les codes du genre super-héroïque (notamment ceux posés jadis par Stan Lee et Jack Kirby) sont au rendez-vous pour le plus grand plaisir du lecteur.


Car Kirkman n'oublie jamais de divertir le public au premier comme au second degré. "Invincible" regorge ainsi de références et de clins d'oeil aux BD phares du genre : "la Ligue de Justice", les "Watchmen", "Spiderman", "The Authority"...

Kirkman n'oublie pas non plus les créations des auteurs indépendants. Des personnages issus des séries "Savage Dragon", "Spawn" et consorts font des caméos savoureux (saurez-vous tous les retrouver ?). 


Enfin, la série arrive à réaliser un grand écart parfait entre la naïveté touchante des comics du Silver Age et le réalisme cynique et désabusé des comics du Iron Age et des années 2000. En un mot : bluffant !


C'est donc une oeuvre épatante, qui plus est brillamment servie par les graphismes si particuliers du dessinateur Ryan Ottley, et par la mise en couleurs de Bill Crabtree. Ces deux artistes font toute la différence et achèvent de faire de "Invincible" une BD de référence, à classer aux côtés de la mythique "Astro City" de Kurt Busiek et des ABC Comics d'Alan Moore ("Tom Strong", "Supreme", etc.). 


Bref, si vous aimez les super-héros, si vous adorez jouer à Champions, Mutants & Masterminds, PowergameNecessary Evil, Marvel Super Heroes et autre Vilains & Vigilantes (je sais, je sais, j'en oublie beaucoup d'autres...), ne passez pas à côté de "Invincible". Vous ne le regretterez pas !

 


Bonne lecture et bons jeux !



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6 mars 2010 6 06 /03 /mars /2010 17:40
Il arrive le 10 mars et hélas, risque de pâtir à son tour (comme tant d'autres films avant lui) des déplorables réseaux d'exploitation cinématographique qui sévissent sur le territoire français : distribution confidentielle, diffusion éclair (une semaine et puis s'en va).
Une situation d'autant plus rageante, injuste, scandaleuse, insupportable, que les critiques sont toutes unanimes pour saluer le caractère profondément unique, radical et esthétique de cette oeuvre artistique .
Ce film, cette oeuvre, c'est VALHALLA RISING, le dernier long métrage du cinéaste Nicolas Winding Refn (la trilogie Pusher, Bronson), avec Mads Mikkelsen dans le rôle principal. Pour mémoire, le vénéneux "Chiffre", qui torturait James Bond dans Casino Royale, c'était lui ! Un acteur charismatique qui trouve ici un rôle imposant, d'ores et déjà culte, celui de "Un oeil", un guerrier farouche et implacable en quête de liberté.


valhalla-rising-le-guerrier-silencieux-affiche.jpg

Voici le synopsis:

"Pendant des années, One-Eye, un guerrier muet et sauvage, a été le prisonnier de Barde, un redoutable chef de clan. Grâce à l’aide d’un enfant, Are, il parvient à tuer son geôlier et ensemble ils s’échappent, s’embarquant pour un voyage au coeur des ténèbres. Au cours de leur fuite, ils montent à bord d’un bateau viking, mais le navire, pendant la traversée, se retrouve perdu dans un brouillard sans fin, qui ne va se dissiper que pour révéler une terre inconnue. Alors que ce nouveau territoire dévoile ses secrets, les Vikings affrontent un ennemi invisible et terrifiant, et One-Eye va découvrir ses véritables origines…"

Au début du film, "Un oeil" est donc un homme mutilé : borgne, tatoué, muet, enchaîné, un collier de fer autour du cou, couturé de cicatrices, il survit, réduit à l'état de bête sauvage et privé de son humanité. Son évasion, sanglante, l'amène à croiser la route d'un groupe de guerriers convertis au christianisme. Ces derniers le recueillent et lui proposent de se joindre à eux pour leur voyage, en pélerinage. Mais l'expédition tourne mal et nos vikings se retrouvent perdus en territoire inconnu, hostile...


Toutes les critiques concordent sur un point : VALHALLA RISING (devenu en français "Le guerrier silencieux") est une odyssée hallucinante, un trip visuel et sensoriel, aux dialogues dépouillés, servi par une musique angoissante, et par une mise en scène lyrique, barbare, païenne. Sublime !




Avec audace, l'affiche française clame : "
Le guerrier silencieux est au film de vikings ce que 2001 Odyssée de l'espace est à la science-fiction". Rien de moins !

Et quand vous aussi, vous aurez vu la bande annonce (ci-dessous), nul doute que vous partagerez mon enthousiasme pour  ce futur film culte. Un film d'auteurs, un vrai, qui s'approprie le mythe des vikings et le transcende. Peut-être enfin, le digne successeur à l'incandescent (mais inégal) "
Conan le Barbare" de John Milius.




Alors, que vous jouiez à un JDR viking ( Yggdrasil, Runequest Vikings, GURPS Vikings, Rune, etc.) ou non, que vous soyez fans de High Fantasy ou de Sword & Sorcery, rendez-vous le 10 mars avec la salle de cinéma la plus proche de chez vous.


D'ici là, bon week-end à tous et à toutes...


... BON FILM ET BONS JEUX !





Pour en savoir plus :



- Visitez le site officiel du film :www.leguerriersilencieux.com... 

- ... Et celui du distributeur français, Wild Side : www.wildside.fr

Voici également quelques critiques lues sur le net, afin de vous faire une meilleure opinion, d'ici au dix mars (mercredi prochain !) :

la critique de cine-serie-tv.fr

- deux articles sur allocine.fr : ICI et LA, avec des extraits exclusifs !

la critique de excessif.com

la critique de ecranlage.com

la critique de cinemovies.fr
   
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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 19:20

Le 21 août dernier, s’est tenu le "AVATAR’s Day", une opération promotionnelle censée lever (un peu) le voile sur l’un des films de SF les plus attendus du moment. L’opération consistait donc en la diffusion, gratuitement et en 3D, dans un panel de salles triées sur le volet (toutes Gaumont ou Pathé), d’une grosse bande annonce, d’une durée de 15 minutes présentant le film, son univers, et les moments forts qui y attendent le spectateur.


Mais qu’est-ce qu’AVATAR, me demanderez-vous ? Un film, mais pas n'importe lequel !



A. L'EVENEMENT DE CETTE FIN D'ANNEE :


 
D'abord, pour les cinéphiles, c’est le grand retour de James Cameron à la réalisation, dix ans après Titanic.
 

Ensuite, pour les Mass media, c’est la nouvelle folie, intégralement tournée en 3D relief d’un des réalisateurs les plus côtés d’Hollywood : James Cameron !

Un démiurge mégalomane, au goût de la démesure jamais démenti, et dont tous les films de fiction (j’exclue volontairement les documentaires de cette critique) ont été d’énormes chantiers. Des entreprises hors du commun !

Qu’on se souvienne des 120 millions de $ de Terminator 2 (à l’époque, le budget le plus cher de toute l’histoire du cinéma), du bassin géant d’Abyss (12 m de profondeur rempli avec 26,5 million de litres d’eau) et de ses acteurs mis dans des conditions réelles de plongée (avec efforts physiques et paliers de décompression à la clé). Ou encore de la maquette à taille réelle du paquebot pour le film Titanic (200 millions de $ de budget). AVATAR va encore plus loin avec un budget record qui attendrait, dit-on, les 315 millions de dollars !!!). Sauf qu’à chaque fois, ses films rencontrent un véritable succès commercial ! D'où la question piège : AVATAR sera-t-il de la même eau ?



Pour nous enfin, les geeks, les rôlistes, les fans de SF et de fantastique, c’est le grand retour d’un artiste visionnaire, auteur de plusieurs chefs-d’œuvre du cinéma fantastique. J’ai déjà cité Abyss et Terminator 2. Cameron est également à l’origine du premier volet de cette licence extrêmement lucrative et surtout formidablement bien conçue. On lui doit également le second volet de la saga Aliens,
entre autres perles.




B. LES THEMATIQUES D'AVATAR :

A chaque fois, ses films réussissent à marier harmonieusement grand spectacle et discours "auteurisant". Car les films de Cameron sont porteurs de sens. Leurs récits parlent de notre humanité, de notre capacité d’adaptation face à l’adversité, de notre instinct de survie. Surtout, ils questionnent notre nature violente et portée à l’autodestruction. Le danger que nous représentons pour nous et pour notre environnement.


Le tout est enrobé de bons sentiments typiquement hollywoodiens. Le pessimisme affiché de James Cameron (guerre nucléaire, destruction de l’environnement sous-marin) n’est que de façade. Il est toujours court-circuité in extremis par l’intrusion dans son récit de héros aux sentiments nobles et aux actions héroïques. Ce sont ces héros christiques qui, par leur abnégation, changent la donne et permettent à l’histoire de connaître un dénouement heureux.

  • C’est Sigourney Weaver/Ripley dans Aliens qui, mue par un instinct maternel irrépressible, va sauver, lance-flammes au poing, la petite Newt prisonnière au cœur d’une ruche alien.
  • C’est Ed Harris/Virgil "Bud" Brigman, qui sacrifie sa vie dans Abyss pour désamorcer une bombe nucléaire et finit par convaincre les extra-terrestres retranchés dans les profondeurs océanes de donner une seconde chance à notre espèce.
  • C’est Michael Biehn/Kyle Reese qui donne son amour, puis sa vie à Sarah Connor, la sauvant et assurant le futur de l’humanité dans la guerre contre les machines.
  • C’est enfin l’improbable odyssée de Sarah, son fils John et le T800 qui les accompagne pour détruire les laboratoires de recherche de Skynet et peut-être, ainsi, changer l’avenir.

  • (James Cameron en pleine action. Faut pas l'chercher !!!!)


La recette, en tout cas, est imparable !

Reprenons :
Très grand spectacle ;
+ action/effets spéciaux à gogo ;
+ histoire accessible
(les enjeux sont toujours simples chez Cameron : échapper à l’apocalypse nucléaire, aux machines, aux aliens, au naufrage du navire, etc.) ;
+ « message » porté par le film (non à la pollution des océans, non à la guerre) ;
+ bons sentiments (l’amour est plus fort que tout, etc.) ;
= énormes succès commerciaux et films rassembleurs !


A vrai dire, en toute honnêteté, ne nous arrive-t-il pas d’appliquer (imiter ?) plus ou moins consciemment cette même recette, lorsque nous concoctons des scénarios à l’attention de nos joueurs préférés ?





C. Alors, quid d’AVATAR ?


La première vague d’infos est tombée au mois d’août :
- premières images du jeu vidéo, conçu par Ubi Soft en étroite collaboration avec le réalisateur himself ;
- diffusion d’un premier trailer (à découvrir ICI et LA) ;
- lancement des sites web du film et du jeu vidéo, pour l’instant bien vides. Tout au plus, notera-t-on, sur le site officiel du film, une sympathique musique d’ambiance, très "space, the final frontier".
- enfin, l’affiche du film et quelques photos ont été dévoilées.

Bref, pour l’instant, rien de bien consistant. Seules quelques bribes, destinées à aiguiser notre envie et notre curiosité (et à titiller notre imagination, ô combien fertile !).




De quoi parle AVATAR ?


D’une planète, Pandora (ah, ha ?), à la faune et à la flore exubérante, refuge d’une peuplade aborigène extra-terrestre.
Des colons humains, militaires armés jusqu’aux dents, débarquent sur la planète avec leurs exo-squelettes de combat, véritables chars d’assaut sur deux pattes (souvenez-vous d’Aliens ou encore des machines aperçues dans Matrix III), leurs hélicoptères, leurs bases fortifiées au look "industriel", etc.
Et enfin, "fatalement", de la guerre qui va opposer les deux camps.


La bande annonce est éloquente. On y voit des combats aériens dantesques, des "monstres" impressionnants, des Marines faisant feu à volonté, et Sam Worthington au beau milieu de tout cela.

L’androïde de Terminator Salvation, y incarne Jake Sully, un vétéran de guerre qui va être transformé, semble-t-il, en Alien, sans doute, pour infiltrer les autochtones (pour les étudier ? Les espionner ?). Honnêtement, il y a fort à parier, au vu des images que Sam va changer de camp et prendre le parti des gentils indigènes qui cherchent à préserver leur planète, contre les méchants envahisseurs technologiques pollueurs pas beaux (les humains, donc).


A priori.



En tout cas, les bandes annonces laissent supposer une trame scénaristique et thématique semblable à celle de "Danse avec les Loups" de Kevin Costner ou encore "Mission" de Roland Joffé.


A savoir :

1. mythe du "bon sauvage" (J.J. Rousseau), primitif techniquement, mais en communion avec la nature et riche de qualités morales (fierté, vaillance, courage, générosité, droiture) ;

(la guerre, c'est mal !)


2. en opposition/contraste : critique pamphlétaire de la civilisation moderne, supérieures technologiquement, certes, mais aussi colonialiste, belliciste, brutale, et "laide"/avilie. Regardez bien la bande annonce : au chatoiement des couleurs qui caractérise Pandora (sa nature, ses habitants), répond l’environnement terne, gris et kaki des humains. Un univers fait de métal, de plastique et de verre, particulièrement inesthétique. Le simple choix des couleurs se révèle flagrant : les humains sont clairement les "méchants" du film.

(machines contre nature : un thème indémodable ?)


3. Enfin, un troisième thème qui semble être abordé sera celui de la rédemption du héros, issu de la société technologique et déshumanisée, intruse, et qui va :
- retrouver son humanité perdue au contact de l’Autre,
- et remettre en question ses valeurs initiales et probablement les rejeter pour mieux adopter celles de la société "primitive" qui l’accueille.


(Sam Worthington/Jake Sully transformé en alien. Pour quelle inavouables raisons ?)


Attention ! Je ne fais là que des suppositions. Pire, je me permets d’interpréter les images que j’ai pu découvrir sur le net et de vous les présenter comme des vérités. Elucubrations ? Pas si sûr. Je serais prêt à parier de n’être pas éloigné de la réalité. Jusqu’à quel point ? Là, il faudra voir le film pour en savoir d’avantage.


Pour en revenir au casting, en plus de Sam Worthington, AVATAR bénéficiera des talents de Sigourney Weaver, Michelle Rodriguez (girlfight, Fast and Furious, la série TV Lost, SWAT, unité d’élite…), wes Studi (l’indien le plus célèbre du cinéma US : Danse avec les loups, Geronimo, Le dernier des mohicans, Heat, etc.) et Giovanni Ribisi (
http://www.allocine.fr/personne/filmographie_gen_cpersonne=28985.html).



Reste une dernière (série de) question(s) :


D. Qu’en seras-t-il de la révolution technologique promise par le studio ?



C’est sur ce dernier point, sans doute, qu’AVATAR aura le plus de mal à convaincre : où diable sont donc passés les 315 millions de dollars qu'aura coûté le film ?

Dans la motion capture, employée pour donner vie aux extra-terrestres de Pandora ? Peu probable, cette technologie est utilisée depuis de nombreuses années déjà. Elle est "rôdée" et a donné lieu à plusieurs long-métrages : Invisible Man (Paul Verhoeven), le Pôle Express, Renaissance, Appleseed 2, Beowulf. Des dessins animés pour la plupart, mais rien de révolutionnaire dans AVATAR.


Dans le tournage du film en haute résolution et en  3D ? peu probable. La 3D est en effet devenue le dernier gadget à la mode du cinéma hollywoodien (en vrac, quelques exemples : Meurtres à la St-Valentin, Volt, Monstres contre Aliens, Coraline, La-Haut, Destination Finale 4, etc.). Là aussi, la technologie a été rentabilisée,
rôdée, affinée et ne cesse de se démocratiser.
 

 

Pour le savoir, une seule solution : aller voir le film. Rendez-vous est pris, donc ! AVATAR devrait envahir nos salles de cinéma à partir du 16 décembre 2009. 

D'ici là, pour en savoir plus, restez connectés !


POUR EN SAVOIR PLUS :


Sur les autres films de James Cameron :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Titanic_(film,_1997)
http://en.wikipedia.org/wiki/The_Abyss (VO)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Terminator_2


Des infos supplémentaires sur Wikipedia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Avatar_(film,_2009)

De très intéressants articles sur le blog de Jozef Siroka : 
Avatar, année zérola 3D : l'avenir du cinéma?, ou encore AVATAR : CAmeron minimise les attentes. , James Cameron voit en 3D.




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31 mai 2009 7 31 /05 /mai /2009 07:00
En bons fans de JDR/"geeks"/consommateurs d'imaginaire sous toutes ses formes (films, BD, comics, livres, etc.) que vous êtes, amis lecteurs, rôlistes mes frères (et soeurs), il y a fort à parier que vous attendiez de pied ferme les prochains blockbusters qui vont prendre d'assaut nos salles de cinéma : les "Terminator Renaissance", "Transformers 2" et autres "GI Joe" survitaminés, gonflés aux stéroïdes et aux effets spéciaux en image de synthèse (les fameuses CGI) que fabriquent chaque année les studios de Hollywood.
 
A moins que, plus délicats dans vos goûts, vous ne préfériez attendre la sortie de "Coraline"  (d'après Neil Gaiman) de Harry Selick, le réalisateur de "l'étrange Noël de Monsieur Jack" ou encore celle de "Max et les maxi-monstres", célèbre conte pour enfants, mis en images par l'étonnant Spike Jonze ("Dans la peau de John Malkovich", c'était lui !).

Ou peut-être encore que, appâtés par les rumeurs de Cannes, vous ne piaffiez d'impatience à l'idée de pouvoir découvrir, vous aussi, les sanglants " Antichrist" de Lars Von Trier, "Thirst" de Park-Chan Wook ("Old Boy") ou encore "Inglorious Basterds", de mister Quentin Tarantino.

Soit.
Mais avez-vous entendu parler de DISTRICT 9 ?

Non ?

Vous n'avez jamais vu l'image ci-dessous ?





Intrigante, non ?


Peut-être l'avez vous apperçue, placardée quelque part dans votre ville ? Par exemple, sur la vitre d'un abribus ? Ou dans les pages d'un magazine ? Personnellement, je n'y avais pas prêté attention moi-même. " Encore une publicité pour un jeu vidéo", me suis-je dit. A tort !
 

Et puis un jour, je me suis pris une énorme claque dans la gueule : j'ai découvert, totalement par hasard, la bande annonce du film :
ICI. Dire que cette petite bande-annonce fut une "claque", un choc, est un doux euphémisme. Depuis lors, je suis en transe, je me prépare à découvrir ce qui va être sans doute LE film de cette année 2009.


Vous ne me croyez pas ? Allons ! Regardez la bande annonce. Voyez par vous-même : tout y est !

La caution morale ("
Peter Jackson presents"). La mise en scène virtuose, servie par cette idée géniale : réaliser un film de SF comme si c'était un documentaire-pamphlet à la Michael Moore. Les effets spéciaux bluffants (notamment ces quelques plans quand les hélicoptères militaires tournent autour de l'imposant vaisseau spatial). L'aspect SF totalement assumé (admirez le maquillage et design des aliens).




Et surtout, il y a le CONTENU ! Ce mélange rare et si savoureux de divertissement et de réflexion/Charge politique. Cette approche subversive du fantastique, qui nous renvoie aux meilleurs jours du cinéma de science-fiction, dans les années 70 (quelques titres au hasard     : "Soleil Vert", "l'âge de cristal", "Rollerball", "la planète des singes", etc.). Quand la SF servait de miroir déformant pour mieux observer les tares de notre espèce humaine. Nos défauts. Nos erreurs. Nos dérives.


La visite des "vrais-faux" sites consacrés au film renforce cette impression. Sur le site officiel de la MNU (les méchants), c'est tout le discours mensonger hypocrite et conformiste des multinationales/corporations capitalistes qui s'étale devant nous. Effrayant d'authenticité.

Tandis que sur les sites des résistants (
www.anti-mnu-district-9.com/ ou www.mnuspreadslies.com/), on retrouve toute une ambiance contestataire de résistance. Résistance à la pensée unique, à la propagande. Résistance à des organisations internationales et hors de tout contrôle, sans visage et recourant à la force brutale. Résistance à l'oppression. Résistance à la dictature ! (fans des JDR Heavy Metal ou Les Divisions de l'Ombre, vous allez vous sentir chez vous). 


Sans tapage, ni battage médiatique, avec peu de moyens, DISTRICT 9 s'apprête à nous tomber dessus, avec une force décuplée par son style documentaire et faussement sobre.


La sortie initiale du film en Afrique du Sud est prévue pour le 14 août. Il devrait donc parvenir dans nos contrées, sous-titré/doublé en français à l'automne 2009. J'ai hâte.

D'ici là, n'oubliez pas :


MNU SPREADS LIES (la MNU propage des mensonges)  




VOULEZ-VOUS EN SAVOIR PLUS :



Je vous invite à consulter l'article de Wikipedia, qui propose plusieurs liens intéressants à visiter. Vous aurez notamment la possibilité de visionner le précédent court métrage de Neill Blomkamp, le réalisateur : "
alive in joburg". A la fois génèse et "brouillon" de DISTRICT 9. 
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5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 10:13

"Ils resteront deux siècles en Terre Sainte, pillant et massacrant au nom de Dieu. Cette incursion barbare de l'Occident au coeur du monde musulman marque le début d'une longue période de décadence et d'obscurantisme".



Récemment prété par un ami, "Les croisades vues par les arabes" est un bouquin formidable qui a su vaincre mes à-priori, m'a convaincu, séduit et que j'ai découvert et lu avec passion.

En effet, bien plus fin et subtil que ne le laisait présager sa quatrième de couverture et son sous-titre un brin racoleur ("la barbarie franque en Terre Sainte"), le récit d'Amin Maalouf n'est pas un simple réquisitoire, qu'on aurait pu envisager au service d'une idéologie (ceci dit sans aucune connotation péjorative),  mais bien un réel livre d'histoire. Un ouvrage de vulgarisation (au sens le plus noble du terme), remarquablement documenté et bénéficiant, ô combien, des indéniables talents de conteur de l'écrivain.

Car Amin Maalouf est un grand écrivain, doublé d'un érudit et d'un humaniste, un auteur sensible à la plume inspirée. Lauréat d'un prix goncourt en 1993, pour son roman "le rocher de Tanios".


De fait, son récit des Croisades s'avère à la fois riche et vivant. Avec fluidité, il déroule sous nos yeux le récit incroyable de cette sanglante odyssée. Cet incroyable choc des civilisations qui, aujourd'hui encore, est resté vivace dans les consciences collectives.

Comme dans tout livre d'histoire qui se respecte, Maalouf nous raconte les chocs des batailles, les incertitudes et les compromissions des potentats locaux, les alliances diplomatiques. Il dresse le portrait des grands hommes et datifie méticuleusement chacun des grands événements qui jalonnèrent cette époque troublée.


Mais loin de s'en contenter, il va plus loin, s'attachant aux populations civiles, pour lesquelles il ressent une profonde empathie, et dont il nous fait partager les affres. A ses côtés, nous découvrons le ressenti de ces populations prises entre l'enclume et le marteau.
Il nous fait partager leurs peurs et leurs espoirs. Leurs colères et leur incrédulité.

Avec verve, il nous fait pénétrer dans le secret des intrigues de palais, nous fait découvrir "l'envers du décor" : ce monde musulman dont les dirigeants sont corrompus et/ou englués dans leurs querelles dynastiques. Côté Franc, il nous rapporte les exactions commises, les serments non-tenus, les trahisons et l'absence de scrupules des grands chefs croisés.
 Surtout, il lève le voile sur les incroyables actes de cruauté qui cimentèrent l'union des musulmans autour de plusieurs figures de proue : Saladin, bien entendu, mais aussi Imadeddin Zinki, Moureddin Mahmoud, Ibn Al-Kachab et bien d'autres encore.

Sans parti pris (sauf pour les populations civiles, rappelons-le), il nous relate les erreurs des uns et des autres, les jalousies, les trahisons, les mauvais choix tactiques, les alliances les plus improbables, les compromissions, au cours d'un récit captivant et sans cesse étonnant.


Indéniablement, plus qu'un "simple" conflit religieux qui aurait opposé chrétiens et musulmans, les croisades furent bien plutôt un violent choc des civilisations. Un séisme cataclysmique qui vint remettre en cause les fragiles équilibres  politico-militaires entre les différentes puissances présentes. Turcs, arabes, francs, chiites, sunnites,  coptes, orthodoxes, latins, juifs... Ce que l'on appelle la "Terre Sainte", c'est une incroyable mosaïque de peuples, de croyances, d'origines ethniques, de dynasties rivales, de califats en lutte depuis des décennies... Dans cet incroyable imbroglio, les occidentaux vinrent tout bouleverser, se taillant une place dans cet espace géopolitique à grands coups d'épée.

Ainsi, aux massacres et aux saccages de la Première Croisade succèderont des conflits beaucoup moins "tranchés" : d'incroyables intrigues politico-militaires, faites d'alliances fragiles, de trahisons, de complots internes et de coups de main sanglants.A mon sens, rien ne résume mieux l'absurdité (et l'ambiguité) des croisades que cette bataille de Tell Bacher (en octobre 1108), telle que nous la décrit Amin Maalouf (page 92) :

"Dans un camp, Tancrède d'Antioche, entouré de mille cinq cent chevaliers et fantassins francs (...) A leurs côtés se tiennent six cent cavaliers turcs aux longues tresses, envoyés par Redwan d'Alep.

Dans l'autre camp, l'émir de Mossoul, Jawali (...) dont l'armée comprend deux mille hommes répartis en trois bataillons : à gauche, des arabes, à droite, des turcs, et au centre des chevaliers francs, parmi lesquels Baudouin d'Edesse, et son cousin Jocelin, maître de Tell Bacher (...)

Décidément, on n'avait pas attendu longtemps pour voir les "Franj" devenir partenaires à part entièredu jeu de massacre des roitelets musulmans !"

Bref, ce livre, qui se lit comme un roman, quasiment d'une traite, s'avère être une lecture indispensable, pour tous les passionnés d'histoire, certes, mais aussi pour tous les rôlistes.

Que votre JDR favori soit directement tiré des Croisades (Secretum Templi, Miles Christi, Légendes des Mille-et-Une nuits), inspiré des Croisades (Capharnaüm, bien sûr) ou bien qu'il soit une quelconque fantasy arabisante, sans rapport avec la réalité historique (Al Qadim, Gurps Arabian Nights), "Les croisades vues par les arabes" est un livre à lire ab-so-lument, à la fois comme source d'inspiration pour vos scénarios mais aussi comme source de réflexion.


A tous et à toutes,


Bonne lecture et bons jeux !






Pour en savoir plus :

- visitez le site officiel d'Amin Maalouf : www.aminmaalouf.org

- le site Wikipedia propose une courte, mais informative, une biographie d'Amin Maalouf. A découvrir ici.

- sur les Croisades, il existe une foule de livres et de sites Internet. Parmi tous ceux que vous pourrez consulter, je vous suggère le dossier proposé par herodote.fr et naturellement, Wikipedia, pour sa bibliographie et pour les documents proposés.

- A noter qu'Amin Maalouf propose, dans ses notes (situées à la fin du livre), plusieurs pistes de lecture, ma foi, fort intéressantes.
 

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