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dices everywhere, des dés, du fun, des jeux

blog dédié aux JEUX DE RÔLE "OLD SCHOOL" et plus récents : AD&D 1st ed., 0D&D, Labyrinth Lord, Swords & Wizardry, OSRIC, Savage Worlds

Spartacus : Blood and Sand

Publié le 10 Juillet 2011 par olivier rousselin in 18. INSPIRATIONS

"Spartacus : Blood and Sand"

Du sang et du sable.

Deux mots qui disent tout, qui résument l'univers abrupt et cruel des jeux du cirque. Deux mots qui résument également à merveille l'ambiance crépusculaire de la série télévisée la plus spectaculaire, la plus osée jamais portée à l'écran. 

Je viens en effet de visionner en intégralité la saison 1 de la série et je suis resté pantois. Assurément, c'est là une série de qualité (si, si, j'insiste !), qui a tous pour intéresser bon nombre de rolistes. Voyons de quoi il retourne.

 

Spartacus-Blood-and-Sand-wallpaper-3.jpg

 


 

 

I. UN PARFUM DE SCANDALE :


Produite entre autres par Sam Raimi (à qui l'on doit la cultissime trilogie gore Evil Dead, mais aussi les trois adaptations cinématographiques de "Spiderman" et les séries télé "Hercule" et "Xena, warrior-princess"), "Spartacus" est diffusé outre-atlantique sur la chaîne payante Starz.

Le "buzz" autour de la série est alors loin d'être flatteur. La série fait en effet parler d'elle pour son approche crue et sans concessions de la Rome Antique, qui lui vaut d'être classée "TV-MA" ("MA" pour "Mature Audience"), c'est-à-dire interdite aux moins de dis-sept ans. De fait, de nombreuses critiques lui font un accueil au mieux mitigé. Certains ont qualifié la série de "racoleuse", "complaisante" et "flattant les bas-instincts du public". Qu'en est-il ?

 

 

Avant d'aller plus loin, précisons tout d'abord que la classification "TV-MA" a aussi touché des séries comme "Nip/Tuck", "South Park" ou encore "The Shield". En clair, comme toutes les classifications, la mention "TV-MA" ne veut pas dire grand chose, tant ces séries sont différentes sur le fond et sur la forme.

 

 

Spartacus-blood-and-sand.jpgMaitenant, oui, la série est ouvertement violente. Les effets sanglants sont légion, les combats furieux. Il y a des démembrements, des décapitations, des crucifixions, des eviscérations... Bref, des combats à l'arme blanche, bien saignants.


Oui encore, la série use et abuse des scènes érotiques. Le sexe est montré de façon frontale, via plusieurs scènes d'accouplements et d'orgies assez gratinées. Il est également présent dans les dialogues, souvent crus et orduriers de plusieurs protagonistes. 


Enfin, dernier reproche fait à la série : "Spartacus" reprend sans vergogne l'esthétique du film "300" : omnipotence des images de synthèse (pour masquer le manque de moyens ?) et des ralentis, effets visuels "clipesques" à souhait, gerbes de sang giclant de façon stylisée... 

 

 

II. FICTION ET VERITES :


 

Neanmoins, tous ces partis-pris esthétiques se justifient, à mon humble avis.

D'une part, parce qu'ils donnent une identité forte à la série, lui permettant de se démarquer de ses "grands frères" historiques (le film éponyme de Stanley Kubrick, avec Kirk Douglas, mais aussi les séries télé "Rome", "Moi Claude Empereur", "Massadah" et quelques autres encore) tout en flirant à plusieurs reprise avec le fantastique, voire l'Heroic-Fantasy.


spartacus_blood_and_sand_episode_106_2010_08.jpgD'autre part, parce que tous ces choix, combinés ensemble, permettent de dresser un portrait saisissant de la Rome Antique. Une Rome décadente, arrogante, imbue de sa soi-disant supériorité sur les autres peuples et lentement corrompue de l'intérieur. Ce que la série nous démontre, au fil de son intrigue, c'est comment la violence de la civilisation romaine a fini par la gangréner et la détruire.

 

 

Cette violence militarisée, institutionalisée, tournée initialement contre les ennemis de Rome (les gaulois, qui mirent Rome à sac par deux fois, Carthage, l'Egypte de Cléopatre, etc...) imprègne également les jeux du cirque. Ces jeux, qui étaient autrefois des cérémonies funéraires, sont devenus au fil du temps des divertissements sanglants, mais aussi des outils de propagande mettant en scène la gloire de Rome.


Elle est présente, enfin, dans les rapports de maîtres à esclaves. Sans que quiconque s'en rende compte, cette violence élevée au rang de distraction finit par vicier tous les rapports sociaux et humains.


Il n'y a, dans la Rome de "Spartacus", aucune place pour la compassion. Comment pourrait-il en être autrement dans une civilisation esclavagiste ? C'est-à-dire, une civilisation fondée essentiellement sur des rapports de force ?

 

Ces relations dominant-dominé, qui scindent la société en deux (hommes libres d'un côté, esclaves de l'autre) finissent par contaminer tous les rapports humains : entre maîtres et serviteurs, entre maris et femmes, entre parents et enfants, entre amis, entre concurrents (la rivalité meurtrière entre les deux lanista romains, Batiatus et Solonius). A cet égard, il est éloquent que les seuls véritables liens d'amitié dans la série, sincères, soient noués par des esclaves. 

 

 

Spartacus-blood-and-sand--006.jpgDominer ou être dominé. Soumettre ou être soumis. Il ne semble y avoir aucune alternative, aucun échappatoire.

Ainsi, le gladiateur Varro est un ancien homme libre, un romain de pure souche qui est tombé en esclavage pour rembourser ses dettes de jeu !

C'est dans cette aliénation continuelle, dégradante pour ceux qui la subissent, que nait la révolte de Spartacus.

 

 

III. LA CHAIR ET LE SANG :


 

Pour finir cette critique, j'ajouterai que le scénario, habile, sait nous tenir en haleine du début à la fin et ménage de nombreux rebondissements. J'avoue m'être pris au jeu, avoir vibré pour Spartacus et m'être demandé comment les scénaristes allaient nous mener au dénouement fatal. Je n'ai pas été déçu.

Et si la série semble peiner de faibles moyens financiers, elle est portée par d'excellents comédiens qui, tous, se sont investis dans leur rôle, à fond. Charismatiques, torturés, assaillis par le doute ou bien aveuglés par leurs ambitions, les personnages de "Spartacus : Blood and Sand" prennent vie sous nos yeux, vibrants de vie, luttant pour leur survie dans un monde sans pitié.

Mention "Bien" également pour la musique de la série, signée Joseph Do Luca, épique à souhait, et qui saura sonoriser à merveille vos prochaines parties de JDR, quel que soit le jeu méd-fan que vous pratiquez (sauf Pendragon, peut-être).

 

En conclusion, amis rôlistes, si vous êtes fans d'Heroic-Fantasy sauvage, de Bloodlust à Conan, en passant par Dark Sun, si vous aimez l'action, les scènes de combat et l'aventure, alors ne passez pas à côté de cette excellente série !

 

VAE VICTIS !!    

 

ET BONS JEUX A TOUS ET A TOUTES !

 

 

 Spartacus-Blood-and-sand_reference.jpg

 

 

POUR EN SAVOIR PLUS :

 

 

EN FRANCAIS :


Si j'ai découvert la série pour la première fois dans le magazine Mad Movies (loués soient ses rédacteurs !), il me faut aussi citer l'article paru chez mes compères de la taverne Au Bon Rôliste : Sly, Karibou et Soshi. Je profite  de l'occasion pour les saluer au passage.

Casting détaillé, actualités de la série, photos, critiques de spectateurs et autres informations vous attendent sur la fiche Allociné de la série. Vous pourrez ainsi y découvrir une interview sous-titrée de l'actrice Lucy Lawless (Lucretia).

Afin de vous proposer d'autres points de vue que le mien, voici quelques critiques glanées sur le net, sur les sites excessif.com, le blog du cinéma, serie addict, Telerama, le blog 100% séries, le blog TV-news, etc.

Je ne mentionne la page du site wat.tv (intitulée "Spartacus-nudité-voyeurisme" : c'est tout ce qu'ils auront retenu, ces c... ! ) que pour l'interview longue durée (27 minutes !) de Lucy Lawless et Peter Mensah (Dottore). Hélas, pas de sous-titres cette fois. Do you speak english ?

 

 

EN ANGLAIS :


Divers goodies (fonds d'écran, widgets, icônes, jeu vidéo pour l'I-phone, etc.) vous attendent sur le site officiel de la série. Le casting détaillé de la série, l'actualité de la série, ses produits dérivés sont également présents. A noter la possibilité de télécharger les scripts de la série (seul le script de l'épisode 1 est gratuit. Dommage).

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001 02/08/2011 11:04



Oups, je voulais bien parler d'un ludus!


Je trouve que dans cette sérié, les relations humaines entre les divers protagonistes sont correctement mis en scène et bien jouées par les acteurs.



olivier rousselin 08/08/2011 11:53



Entièrement d'accord. Les rapports humains entre les personnages sont vraiment intéressants, avec cette tension sous-jacente et cette ambiguité des rapports entre "dominants" et "dominés". On
sent bien qu'à tout moment, la situation peut dégénerer, qu'un geste ou une parole de travers peut avoir des conséquences désastreuses. C'est vraiment ce que j'ai le plus aimé dans la série.


D'autant plus que la véritable histoire de la Rome Impériale (c'est-à-dire celle que l'on peut découvrir dans les livres d'histoire) est parcourue de flambées de violence meurtrière, notamment
dans les hautes sphères du pouvoir ! 



Kalysto 02/08/2011 08:07



Le lupus c'est dans docteur House je crois :P (là c'est plutôt un ludus)



olivier rousselin 08/08/2011 11:47



Le lupus ? Moi qui croyais que c'était une herbe sauvage, eh bien en fait, non, c'est une maladie de peau. Beeeeeeh ! 


Par contre, il existe bien une une sorte de luzerne qu'on appelle "lupuline".


 


Cultivons-nous avec les Jeux de Rôle !  



001 01/08/2011 15:14



J'ai fini de voir la première saison et je suis un peu mitigé sur la série, j'avoue que je ne suis pas trop client des effets gores même si dans un esprit "Comics", pareil pour certaines scènes
de sexe. La série est ainsi faite pour attirer le chaland et nons les historiens pure jus, je suppose aussi que ce n'est pas une série avec un gros budget et que les trucages contrebalencent le
manque de moyens...


Ce que j'aimé, c'est l'histoire et les relations humaines (si si ça existe même au sein d'un Lupus) , on se prend vite d'affection pour le personnage principal, les autres personnages sont bien
caractérisés et les arc scénaristiques viennent à être conclus, ce qui part les temps qui courent est pas mal...



olivier rousselin 08/08/2011 12:11



Je crois moi aussi que les trucages et effets spéciaux numériques ont été mis en avant pour masquer le manque de moyens. Mais comme tu le dis si bien, l'histoire est vraiment bien conçue :
personnages bien campés, récit mené à son terme, intrigues secondaires riches et rebondissements bien amenés.


C'est en ce sens que je trouve la série réellement réussie : si on retire les scènes gore et de sexe, eh bien, la série tient malgré tout très bien la route. Elle n'est ni "creuse", ni vide de
sens. 


 



Kalysto 13/07/2011 16:32



La préquelle (faite à la base pour donner à Whitfield le temps de se remettre) m'a paru moins sanglante, donc avec moins d'artificielles giclées de sang, ce qui est un plus (j'ai adoré les 2
saisons) 


Si vous avez aimé je vous recommande la dernière série de Starz, Camelot, qui ne prend pas le parti pris des chevaliers en grosses armures ou d'un Merlin qui lance des sorts à tours de bras mais
bien d'une antiquité tardive, avec des sorciers qui paye le prix du pouvoir et s'orientent donc vers la manipulation, et qui n'hésite pas à revisiter ce qu'on considère acquis dans le mythe
arthurien (mention spéciale à la "dame du lac" dans l'épisode 4). Encore un truc que j'aimerai faire jouer sous Smallville :)



olivier rousselin 08/08/2011 12:24



Décidément, les chaînes télévisées américaines nous gâtent, nous autres rôlistes ! Entre "Rome", "Spartacus", "Camelot" et maintenant "A Game of Thrones", on
n'a que l'embarras du choix.


 


Allez, soyons fous, rêvons un peu : à quand une série télé basée sur les récits et nouvelles d'Howard Philips Lovecraft ?  


Cthulhu à la télé ? Parce que nous le valons bien !!!



001 11/07/2011 21:54


Conseil pour conseil, à voir de toute urgence!


olivier rousselin 08/08/2011 12:30



C'est noté ! Merci du conseil