Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
dices everywhere, des dés, du fun, des jeux

blog dédié aux JEUX DE RÔLE "OLD SCHOOL" et plus récents : AD&D 1st ed., 0D&D, Labyrinth Lord, Swords & Wizardry, OSRIC, Savage Worlds

DragonQuest : échec critique sur le jet de résurrection

Publié le 10 Décembre 2008 par olivier rousselin in 3. JDR OLD-SCHOOL, RETROGAMING

Après Marvel Super Heroes et Star Frontiers, voici qu'un autre JDR de TSR connaît une seconde vie sur le net.  Ou plutôt, je devrais dire un semblant de seconde vie, un simulacre puisqu'il s'agit d'une diffusion des règles du jeu en Open Source.

Pas de livres originels scannés intégralement en pdf (comme Conan ou les nombreux manuels de MSH) pour ravir la pupille du rôliste-"trentenaire-et-plus"-nostalgique...

... Pas de refonte des règles, relues, remaquettées, testées et restestées non plus...

... Encore moins de réédition/réappropriation du jeu via le principe des rétro-clones...

... Non, rien de tout celà ! Juste un document à la fois incomplet et sans saveur, sans effort d'aménagement, disponible aux formats .pdf et en .doc, et accompagné de quelques aides de jeu. Alors, forcément, ma déception est grande, immense même !


Car ce jeu, c'est Dragon Quest ! Moi qui pensais vous annoncer avec fanfares et trompettes, la réédition dépoussiérée de ce Grand Ancien, l'un des plus sérieux concurrents à l'époque -avec Chivalry & Sorcery- de AD&D, je suis déçu.

Mais au fait, devez-vous vous demander, c'était quoi Dragon Quest ?

Eh bien, "fiston", Dragon Quest, c'était un JDR médiéval-fantastique, caractérisé par son système de création de personnage et d'expérience, novateur pour l'époque car extrêmement souple et ouvert (pas de classes de personnages restrictives ; une évolution du personnage "à la carte"). Egalement pour sa présentation claire et organisée (c'est-à-dire, bien loin du fouillis de la première édition d'AD&D).

Le jeu connut un succès d'estime à sa sortie et reçut même un Origin award en 1980 en tant que "Best roleplaying rules".

Edité dans un premier temps édité par SPI (Simulations Publications, Inc.), célèbre éditeur de wargames (les vrais, ceux imprimés sur du papier avec des pions en carton tous couverts de symboles ésotériques incompréhensibles pour monsieur Tout le Monde),  il fut également soutenu par des éditeurs tiers comme Judge's Guild, qui édita pour lui scénarios et aides de jeu. Par exemple, le scénario "Magebird's Quest" (que j'eus le plaisir de me procurer récemment). Aujourd'hui, on appelerait ça une campagne : 60 pages écrites tout petit avec des PNJ en pagaille, des PJ prétirés détaillés (avec leur historique, leur motivation), plusieurs cartes hexagonales représentant la région servant de décor à l'histoire... Oh certes, la présentation est moche et ledit scénario n'a pas connu le retentissement d'un "Ravenloft" ou d'un "Behind the Throne" mais il y a là de quoi jouer pendant plusieurs séances. Parole ! (en règle générale, vous pouvez acheter en toute confiance les anciens produits !

Après la faillite de SPI, Dragon Quest fut ensuite racheté et réédité par TSR, mais sans qu'un quelconque effort soit fourni pour le développer, probablement parce qu'après tout, c'était là un concurrent direct de Dungeons & Dragons.

Le jeu connut ainsi une troisième édition (la dernière) en 1989, plus en tant que collector qu'autre chose, avant de sombrer petit à petit dans l'oubli. 

De ce côté-ci de l'atlantique, Dragon Quest demeura largement inconnu, dans l'ombre de l'incontournable AD&D, enfin traduit dans nos contrées.

Surtout, comme bon nombre de jeux en langue anglaise, il se retrouva éclipsé par une création francophone dynamique et de qualité (Avant Charlemagne, Rêves de Dragons, Légendes...), en pleine expansion et boostée par le succès phénoménal des "Livres Dont Vous Etes le Héros".

C'est donc plus une curiosité qu'autre chose qui nous attend sur les sites anglophones, d'autant plus que le système de règles a pris un sérieux coup de vieux et nous paraît aujourd'hui intolérable de lourdeur et de complexité. Une façon de se rappeler que "la nostalgie, ce n'est que le regret de ce que l'on n'a pas connu".
;)


Pour en revenir aux sites anglophones dédiés à DragonQuest, il me revient de préciser que ces derniers sont l'oeuvre d'une poignée de fans irréductibles, s'efforçant de promouvoir "leur" jeu fétiche et de le sortir des Limbes (avis personnel : c'est pas gagné). Il existe ainsi une association de joueurs, la Dragon Quest Players Association, un site dédié, géré par "Snafaru" (quel nom !) sur lequel on peut télécharger les règles officielles et quelques goodies,  un site en Wiki et même un webring. Enfin, pour ceux qui désireraient en savoir plus, il existe sur Wikipedia une présentation complète et détaillée du jeu (en anglais).

 http://www.iosphere.net/~eric/dq/


Bonus : pour en savoir plus...


- Vous pourrez découvrir la gamme complète, avec illustrations et commentaires à l'adresse suivante : http://www.waynesbooks.com/dragonquest.html

Commenter cet article

childéric Maximus 11/12/2008 16:08

Non, non ! Tu ne m'auras pas ! Hors de question que je rouvre ma boîte "DragonQuest". J'ai déjà trop de trucs à lire.

olivier rousselin 11/12/2008 20:38


Ah ? Toi aussi, tu collectionnes ?  Si ça peut te rassurer, tu refermerais la boîte aussi vite que tu l'as ouvert,
tant les règles sont devenues indigestes (perso, j'ai la troisième édition dans mes étagères).

En fait, la lecture de ce genre de reliques revêt au moins un mérite : nous permettre de mieux comprendre l'ampleur du chemin parcouru en 30 ans. Les JDR d'aujourd'hui sont plus
beaux, plus concis dans leurs règles, plus accessibles, mieux illustrés, mieux maquettés... Quand tu voies ce qui se faisait à la fin des 70's, ça pique les yeux !!!

En revanche, on a quelque peu perdu en quantité par rapport à "ces années-là". En écrivant ces lignes, je pense notamment à Space Opera qui contient une masse d'informations
époustouflante. Je suis persuadé que tout fan de SF et de Space Opera peut y récupérer des données utiles et des idées qu'il pourra importer sans problèmes dans son jeu favori, que ce
soit sur la cartographie spatiale (en 3D, oui, messieurs dames, en 3D !), sur la gravité, sur les races E.T. et leur mode de fonctionnement, sur la création de planètes... Par exemple, je n'ai pas
lu Gurps Space mais j'ai bien l'impression (d'après les critiques que j'en ai lu) que ce supplément doit beaucoup à
Space Opera.

Au passage, je lance un appel : amis rôlistes qui lisez ces pages, si vous avez l'occasion de feuilleter (ou télécharger quelque part) ce vénérable JDR, n'hésitez pas ! Et s'il est disponible
gratuitement quelque part, scanné ou en open-source, ou rétro-cloné, faites-le moi savoir !